Endiguement de la transmission de la peste : 4 décès, la sensibilisation comme leitmotiv

Jacaranda
Photo prise lors de l’atelier sur les procédures opérationnelles standardisées avec l’OIM, l’OMS et le MSP.

Depuis le 1er août jusqu’à la fin de cette semaine 5 cas confirmés dont 4 décès ont été provoqués par la peste (toutes formes confondues), ainsi que 16 cas suspects en cours d’investigation. Pour éviter que la situation ne dégénère vite en épidémie et en psychose, les autorités et les parties prenantes misent sur la sensibilisation et la prévention comme leitmotiv.

Jusqu’à ce jour, huit districts sont concernés par la peste, à savoir : Ambalavao, Ambatofinandrahana, Ambositra, Ankazobe, Fandriana, Miarinarivo, Morondava et Antsirabe I. La sensibilisation et la riposte locale sont ainsi de mise dans ces districts. Citons en premier lieu, une sensibilisation et une communication de masse (diffusion de spots  vidéo et audio  par les médias nationaux (TVM et RNM) explicitant les modalités de prévention et de prise en charge précoce des symptômes de la peste. Par ailleurs, pour une couverture nationale, trois types (non précisés) de CD de sensibilisation ont été envoyés pour les 22 régions. Mais en matière de sensibilisation, il convient de noter  que le facteur n°1 de la peste est bien les immondices aux quatre coins des villes du pays : ce manque d’hygiène de la population ne cesse de se retourner contre elle-même. Sans oublier les feux de brousse, qui incitent les rats à opérer une « invasion » en ville, pour ne citer que le cas d’Ankazobe, pour lequel une relation évidente entre la peste et les feux de brousse a été relevée par les scientifiques. Par ailleurs, les intrants médicaux seraient déjà disponibles dans ces localités concernées pour une prise en charge précoce, pour éviter la flambée épidémique ; car rappelons-le encore : la peste se soigne quand elle est diagnostiquée à temps.

Enjeux et proactivité. Notons que, par rapport à l’année dernière, une légère avancée a été constatée en ce qui concerne la proactivité des acteurs concernés par la riposte contre la peste, y compris les bailleurs. Pour ne citer que l’atelier d’élaboration des procédures opérationnelles standardisées (POS) pour le contrôle sanitaire aux divers points de flux migratoires intenses, autant à l’intérieur du pays qu’aux points d’entrée (ports et aéroports) en cas d’épidémie de peste et d’autres maladies à fort potentiel épidémique, comme le paludisme. Organisé conjointement par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Ministère de la Santé publique (MSP), cet atelier de trois jours a été financé par l’Organisation internationale de la Migration. Une proactivité renforcée, entre autres, par le fait qu’en 2018, année électorale, les enjeux sont énormes. En effet, si les  élections en venaient à être compromises, une pléthore de dégâts et de  déstabilisations pourrait bien s’abattre sur le pays, à part les catastrophes naturelles et la psychose sociale à gérer avec la saison cyclonique.

Luz Razafimbelo

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