Changement climatique : Effets dévastateurs sur la biodiversité marine du Nord

Jacaranda
(Crédit photo : Office régional du Tourisme de Nosy-Be) 25% des coraux du récif corallien du parc marin de Nosy Tanihely sont blanchis, et l’île est également menacée par l’érosion marine.

Les écosystèmes marins du Nord de la Grande  Ile subissent de plein fouet les effets dévastateurs du changement climatique.

Précisons dès le début que les impacts négatifs du changement climatique ne sont pas l’apanage de la partie septentrionale de l’île. Tous les écosystèmes de Madagascar sont concernés, et ce, qu’ils soient marins, forestiers, lacustres, ou encore littoraux. Nous allons prendre ici le cas de la région de DIANA (Diégo, Ambilobe, Nosy-Be, Ambanja), pour la simple raison que de nouvelles informations sont actuellement disponibles sur la région. D’autant plus que pour cette région, les enjeux économiques de la préservation de la biodiversité marine par rapport aux effets du changement climatique sont énormes. DIANA est un « hot spot » de l’économie bleue, tout en abritant la destination touristique n°1 (l’Ile aux Parfums) : numéro 1 pour le commerce et l’exportation de thon rouge – un produit savoureux et luxueux, Ô combien prisé sur la scène internationale -, région de concentration des premiers producteurs/exportateurs de l’or rose, du crabe serrata, etc.

Nosy Tanihely. La semaine dernière, l’Office national pour l’ Environnement a organisé dans la région, un atelier de restitution des informations relatives au « Tableau de Bord Environnemental » (TBE) de DIANA, avec une emphase particulière sur les districts de Nosy-Be et d’Ambanja. Il a ainsi été retenu de cet atelier, entre autres, que pour l’île Tanihely (petite île) par exemple, 25 % des coraux ont été détruits en deux ans, de 2016 à 2018, à cause du changement climatique. Mahatondra Cynthia, Responsable de la conservation du Parc national Tanihely d’expliquer davantage le phénomène : « Depuis le phénomène de sécheresse et d’élévation de la température El nino en 2016, nous avons constaté que 50% des coraux en basse profondeur ont été blanchis, ce qui représente 25% de la surface totale du récif corallien de notre parc. Des études ont été menées avec le Centre national de recherches océanographiques, et heureusement de nouvelles colonies de coraux ont été révélées. » Toutefois, le blanchissement des coraux n’est pas le seul phénomène auquel fait face le Parc Nosy Tanihely. L’érosion de la façade occidentale le guette également. Ils ont essayé la plantation de vétivers, mais sans grands résultats. Peut-être devraient-ils essayer les mangroves ? Un écosystème marin irremplaçable dans la mitigation et l’adaptation des effets du changement climatique.

(Crédit photo : ONE) Photo prise lors de l’atelier organisé par l’ONE sur les résultats du Tableau de Bord Environnemental de la région DIANA.

Institution et population. Par ailleurs, il importe de rappeler que dans cette lutte contre le changement climatique, l’étroite collaboration entre les diverses institutions actrices et les populations directement concernées est essentielle. Pourquoi ? Parce que le changement climatique est avant tout le résultat de la somme des agissements humains peu respectueux de la nature ; et en retour, l’Homme est le premier à en subir les conséquences. La volonté politique des dirigeants, les financements des bailleurs et les études des chercheurs sont certes indispensables, mais ils ne serviront pas à grand-chose si la considération et l’implication des communautés locales sont  absentes. Mamy Rajaonarivelo, Directeur du Centre national de recherches océanographiques de rajouter : « Les effets du changement climatique se ressentent sur la vie quotidienne de l’être humain : l’intoxication alimentaire par la consommation de poissons eux-mêmes intoxiqués par la pollution marine, la raréfaction, voire la disparition de certaines espèces de poissons, l’érosion marine, alors que la majeure partie de la population vit de la mer, etc. En tant qu’organisation nationale, nous nous efforçons de faire le pont entre la stratégie de l’Etat et les impacts sur la vie des communautés locales : nous entreprenons des activités d’éducation environnementale à l’ endroit des enfants, qui eux-mêmes partageront leurs expériences avec leurs familles ; nous menons des plaidoyers à l’échelle communautaire pour informer la population sur l’impact de ses actes sur la biodiversité marine, et lui faire adopter de nouvelles pratiques positives en termes de conservation de l’environnement. »

Luz Razafimbelo

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