Faune et biodiversité : 60% des populations d’animaux sauvages, disparus en moins de 45 ans  

Jacaranda
A Madagascar également, les espèces sauvages continuent de décliner.

Le déclin des espèces sauvages va à un rythme effréné ces dernières décennies, et l’index d’extinction montre une très forte accélération pour les vertébrés avec la disparition de plus de la moitié des populations de poissons, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de mammifères, depuis 1970.

Le dernier rapport Planète vivante de WWF publié, hier, alerte sur la diminution accélérée des espèces sauvages : entre 1970 et 2014, le nombre de vertébrés sauvages ont chuté de 60% au niveau mondial. « Les espèces n’ont jamais décliné à un rythme si rapidequi est aujourd’hui 100 à 1000 fois supérieur à celui calculé au cours des temps géologiques », indique WWF

dans ce rapport. En d’autres termes, le taux d’extinction des espèces est de 100 à 1000 fois supérieur à ce qu’il était avant que les activités humaines commencent à altérer la biologie et la chimie terrestres. Si ce déclin touche toutes les régions du monde, il est beaucoup plus important dans les zones tropicales. Avec une perte de 89% par rapport à 1970, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale enregistrent le déclin le plus alarmant.

« Préserver la nature ce n’est pas juste protéger les tigres, pandas, ou encore les baleines, que nous chérissons. C’est bien plus vaste: il ne peut y avoir de futur sain et prospère pour les hommes sur une planète au climat déstabilisé, aux océans épuisés, au sol dégradé et aux forêts vidées, une planète dépouillée de sa biodiversité », souligne le directeur de WWF International, Marco Lambertini à l’occasion de la publication de ce rapport. Celui-ci est basé sur le suivi de près de 17.000 populations d’animaux appartenant à 4000 espèces, en utilisant des techniques ayant parfois recours à la technologie spécialisée comme c’est le cas pour les recensements par caméras effectués pour des tigres en Inde ou des tapirs du Costa Rica.

 

Empreinte écologique. Les pressions que subit la biodiversité ces dernières décennies sont liées aux activités humaines à travers l’agriculture intensive, la surpêche, la pollution aux plastiques et le dérèglement climatique. La disparition massive des espèces d’animaux sauvages est même directement liée à la croissance rapide  actuellement en cours de la demande en matière d’énergie, d’eau, de terre, etc. avec un accent particulier sur l’agriculture intensive et l’exploitation démesurée des ressources naturelles. Le rapport de WWF souligne, en effet, que « les principaux moteurs du déclin de la biodiversité demeurent la surexploitation et l’agriculture » et qu’au cours des 50 dernières années, l’empreinte écologique (qui renvoie à la consommation humaine des ressources naturelles) a augmenté de 190%. Aujourd’hui, seulement 25% des sols ont échappé aux activités humaines, les 75% étant soumis aux exploitations souvent irrationnelles des humains. Les zones humides sont la catégorie la plus touchée avec une perte de 87% de leur superficie. En 2050, il ne restera plus que 10% de terres exemptes de l’empreinte des humains.

En ce qui concerne les forêts, près de 20% de la forêt amazonienne, la plus vaste du monde, a disparu en 50 ans, tandis que les forêts tropicales continuent de reculer : entre 2000 et 2014, la planète a perdu 920.000 km² de forêts intactes. Ce rythme a augmenté de 20% de 2014 à 2016 par rapport aux 15 ans précédents si l’on se réfère aux données satellitaires. Quant aux océans, depuis 1950, plus de 6 milliards de tonnes de produits de la mer ont été pêchées. Les prises ont atteint leur maximum en 1996, puis ont commencé à diminuer.

Pour les scientifiques, cette accélération du déclin des espèces sauvages jusqu’à 1.000 fois supérieur à celui d’il y a seulement quelques siècles, signifie qu’une extinction de masse est en cours. C’est la sixième en « seulement » 500 millions d’années.

Hanitra R.

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