VIH/sida : Miser sur le dépistage pour mieux mener la lutte

1988-2018. Trente ans après l’instauration de la Journée mondiale du sida célébrée chaque année le 1er décembre, des batailles ont été gagnées concernant la lutte contre le VIH/sida, mais pas encore la guerre.  

« Connais ton statut ». Ce thème retenu cette année pour la célébration de la Journée mondiale du sida, incite à savoir. Savoir si l’on est porteur du virus ou non, afin d’agir en conséquence, qu’on soit séropositif ou séronégatif. L’ONUSIDA, programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, préconise alors cette année, la connaissance par tout un chacun de son état sérologique par le biais du dépistage. Bref, ne pas rester dans l’incertain.

En dépit des grandes avancées dans le domaine de la recherche sur le VIH et le sida, et les progrès notables dans les stratégies de lutte, le VIH/sida reste un fléau faisant des centaines de milliers de morts par an : 940 000 décès rien qu’en 2017 et plus de 39 millions de décès  depuis le début de l’épidémie, selon les dernières données de l’ONUSIDA. Dans le cadre des 30 ans de l’instauration de la Journée mondiale du sida, « dépistage » est « le » mot à retenir.

Prévalence. A Madagascar, la prévalence du VIH reste faible dans la population générale. Il n’en demeure pas moins que le taux de prévalence a connu une hausse inquiétante en seulement quelques années : de 0,02% en 1989 à 0,13% en 2007 et 0,4% fin 2011, selon l’ONUSIDA (0,16% chez les jeunes de 15 à 24 ans). La maladie reste, cependant, méconnue par une partie de la population. On assiste même parfois à des situations de déni de l’existence de la maladie. Face à la situation, le dépistage représente un moyen simple d’être fixé sur son état. « Le dépistage du VIH est essentiel pour étendre la couverture du traitement et s’assurer que les personnes vivant avec le VIH puissent mener une vie productive et en bonne santé », souligne l’ONUSIDA. A deux ans de l’échéance 2020 pour l’atteinte des objectifs 90-90-90  (90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral (ARV) durable ; et 90% des personnes recevant un traitement ARV ont une charge virale durablement supprimée, le tout, à l’horizon 2020), Madagascar, comme le reste du monde, a encore des défis à relever.

Désinformation. Par ailleurs, la perception du VIH/sida par la population locale et dans d’autres pays, reflète une méconnaissance de la maladie, voire une désinformation, amenant à une situation de discrimination et de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). De même, le dépistage pose problème à de nombreuses personnes. La peur du résultat les fait renoncer. La connaissance du statut sérologique est pourtant une manière non seulement de se protéger eux-mêmes, mais également de protéger leur entourage et leur communauté. « Il est impératif d’étendre les programmes de dépistage du VIH », souligne alors l’ONUSIDA, qui met l’accent sur la manifestation de la volonté politique et sur le besoin d’investissements pour y parvenir.

100 000. A Madagascar, ce jour du 1er décembre, des activités diverses meubleront la Journée mondiale du sida. Selon le SE-CNLS (Secrétariat Exécutif du Comité National de Lutte contre le Sida à Madagascar), sur son site internet, l’objectif est de dépister 100 000 personnes à Antananarivo. De même, les autres régions de l’île célébreront cette journée à travers diverses manifestations, avec le dépistage comme activité principale.  Rappelons que la Journée mondiale de lutte contre le sida a été instaurée en 1988 lors du Sommet mondial des ministres de la Santé sur les programmes de prévention du sida.

Hanitra R.

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