Gestion des ressources en eau : Le manque d’infrastructure pose problème

Les ressources en eaux de la Grande Île sont mal exploitées.

Madagascar dispose d’un réseau hydrographique qui couvre approximativement 550.000 ha, soit environ 1% de la superficie de l’île.

424,35. Milliards de m3, le volume total des ressources en eaux de Madagascar selon le rapport sur l’avenir de l’environnement de Madagascar (RAEM) présenté lors d’un atelier à l’hôtel Le Pavé Antaninarenina hier. Un volume important qui est toutefois « mal exploité » si l’on se réfère toujours au rapport RAEM. « Environ 30% seulement de ces ressources sont accessibles, soit 127,305 milliards de m3 » fait savoir ledit rapport. Lesdits 30% représentant « les réserves en eaux souterraines exploitables, les débits d’étiages des rivières et les stocks d’eau dans les aménagements artificiels« . Ce faible taux d’accessibilité s’expliquerait par le fait que « la majorité de ce qui est appelé ruissellement est absorbée par les inondations saisonnières (débits de crue) puis s’écoule vers la mer, une autre partie se retrouve sous forme de stock d’eau du sol« . Citons aussi, le manque d’infrastructures permettant de stocker les eaux qui se déversent dans la mer. Celles-ci pourraient, en effet, être exploitées par l’intermédiaire de barrages de retenues, par la création de lacs artificiels, ou encore des dérivations vers des terrains irrigués, ou des centrales hydroélectriques. Les réponses à la mauvaise gestion des ressources en eau sont là, on n’attend plus que la volonté des autorités compétentes pour bien les exploiter.

Menaces. Outre le manque d’infrastructures pour mieux exploiter les ressources encore disponibles, il y a également les diverses pressions engendrées sur celles-ci et qui menacent leur existence. Les pressions sur les ressources en eau sont nombreuses et divergent d’une région à l’autre. D’un côté, les ressources en eaux doivent faire face aux pollutions naturelles dues à l’érosion sur les sols dénudés par la déforestation, aux pollutions dues aux rejets d’eaux usées résultants des activités humaines, ou encore les diverses pratiques comme les tavy. De l’autre, il y a les prélèvements effectués pour satisfaire les besoins que ce soit en eaux potables des ménages, de l’agriculture, de l’hydroélectricité, ou encore les besoins en eaux des diverges industries et exploitations minières. Attribuer une attention particulière aux diverses pressions pourrai+t permettre d’évaluer la disponibilité des ressources. Ce, par la comparaison des quantités usées par rapport aux quantités disponibles. Une approche qui devrait permettre une adéquation entre les quantités utilisées et les potentialités pour les besoins afin de permettre un développement socio-économique des régions, du pays. Bien que Madagascar ne figure pas encore dans la liste des pays où l’on rencontre des tensions voire des guerres liées aux ressources en eau. Les faits sont toutefois là, lesdites ressources sont épuisables, le manque apparent d’infrastructure pour une meilleure gestion pose problème. Outre le grand Sud, les régions du pays peuvent disposer de l’eau. C’est peut-être la cause de cette longue attente en ce qui est de la volonté des décideurs pour faire de la gestion des ressources en eau une priorité nationale.

José Belalahy

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