Alimentation : Les besoins mondiaux à revoir à la hausse ?

Jacaranda

Dans trente ans, la population mondiale atteindra plus de neuf milliards d’individus. Autant de bouches à nourrir qui sous entend une hausse des besoins alimentaires. De plus, les changements morphologiques des humains, l’augmentation de l’espérance de vie grâce aux progrès en matière de médecine et de santé, ces dernières décennies laisseraient supposer un accroissement global des besoins alimentaires.

La planète devra prévoir, afin de satisfaire ce besoin, une augmentation de près de 50% de sa production d’aliments destinés aux humains –  et aux animaux, eux-mêmes inclus dans la chaîne alimentaire. Dans les pays en développement, près de 80% de l’augmentation de la production viendrait d’une hausse des rendements et 20%, de l’augmentation des surfaces des terres arables. Mais en réalité, les besoins alimentaires mondiaux dépendront d’au moins trois éléments, pouvant se résumer en la situation démographique, économique, climatique et environnementale de la planète. La croissance de la population, l’urbanisation des pays en développement, les changements des modes et régimes alimentaires des populations, doivent être pris en compte.

Changements morphologiques. Un autre volet récemment mis en avant par des chercheurs, porte sur les changements morphologiques des individus au fil des décennies. Une récente étude de chercheurs du Norwegian University of Science and Technology s’est penchée sur les besoins alimentaires dans 186 pays entre 1975 et 2014. Il en est ressorti que ces demandes alimentaires ont augmenté de 129 % durant cette période de 39 ans. Si une grande partie de cette augmentation des besoins résulte de la croissance démographique, une petite partie, environ 13%, s’explique par les changements morphologiques des individus. En effet, un adulte était 14 % plus lourd en 2014, environ 3 cm plus grand qu’il y a 30 ans, et 6,2% plus âgé. Un adulte consommait ainsi 2615 calories en moyenne en 2014, contre 2465 calories en 1975. Si cette différence de 150 calories n’est pas à première vue, importante, elle représente « l’équivalent de 286 millions de personnes supplémentaires à nourrir ».  Or, « la plupart des calculs pour estimer la production alimentaire nécessaire pour nourrir la population sont faits à besoin individuel constant et similaire à l’intérieur de chaque pays, ce qui n’est pas le cas », avancent les chercheurs, non sans souligner des écarts importants d’un pays à l’autre en termes de consommation alimentaire. Rappelons qu’en 2012, une autre étude s’est penchée sur la question et a montré que l’accroissement de l’obésité dans le monde représenterait l’équivalent de 500 millions de personnes de plus à nourrir à l’horizon 2050.

Sécurité alimentaire. Cependant, la simple disponibilité de la nourriture ne garantit pas la sécurité alimentaire pour la population mondiale. En effet, assurer une provision suffisante d’aliments globalement ou même au niveau national, n’est pas synonyme d’accès à suffisamment de nourriture pour chaque individu. De même, les populations bénéficient, à des degrés différents, de la croissance du PIB. Selon les études effectuées dans plusieurs pays en développement, les croissances basées sur l’agriculture, mettant en avant les petits exploitants, sont deux fois plus bénéfiques aux plus pauvres de la population, que la croissance résultant des secteurs non agricoles.

Et enfin, un tout autre volet, le gaspillage alimentaire aux différents niveaux de la chaîne, de la production aux consommateurs en passant par la distribution et la conservation, constitue également un élément à prendre en compte en matière d’alimentation et de disponibilité alimentaire. Rappelons que chaque année, environ 1,3 milliard de tonnes d’aliments – soit un tiers de la production mondiale de nourriture pour la consommation humaine – sont perdus ou jetés à la poubelle.

Hanitra R.

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