Déforestation : Près de 45% des forêts naturelles, disparus en 60 ans

L’accélération de la déforestation nuit gravement à la biodiversité unique de Madagascar. (Photo d’archives)

Outre les feux de brousse qui calcinent des centaines de milliers d’hectares à chaque saison sèche, les besoins toujours grandissants en bois énergie expliquent la grande difficulté à freiner la progression ultrarapide de la déforestation à Madagascar.

Madagascar a battu tous ses records et même ceux d’autres pays en 2017, en perdant 510.000 ha de forêts rien qu’au cours de l’année en question. Le problème de déforestation dans le pays ne cesse pourtant de s’aggraver. Les résultats d’une récente étude – publiés en juin 2018 dans la revue scientifique Biological Conservation – viennent confirmer les constats déjà établis auparavant sur la déforestation à Madagascar : la Grande Ile a perdu 44% de ses forêts naturelles en 60 ans et le phénomène s’accélère de plus en plus ces quinze dernières années.

La perte de la couverture forestière s’est encore accélérée en 2013 (avec ce fameux pic de 2017 dont 7% concernent une déforestation permanente), amenant le pays vers une perte irréversible de ses richesses naturelles que renferment les forêts. Cette saison, la campagne de reboisement lancée début décembre 2018, vise justement à répondre à ce besoin en bois énergie sans mettre en péril la biodiversité locale. Faut-il rappeler que 90% des espèces faunistiques et floristiques à Madagascar, tous groupes taxonomiques confondus, sont endémiques.

16 fois plus. Le thème retenu pour la campagne de reboisement 2018-2019 « Plantation réussie, source d’énergie durable face au changement climatique », se veut à la hauteur de l’ambition du ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts qui, à travers son programme national d’urgence, veut reboiser à l’échelle nationale, sur 40.000 ha chaque année d’ici à 2030. Soit sur superficie 16 fois plus importante que les 2.500 ha annuels reboisés auparavant. Cette revue à la hausse des surfaces à reboiser vise ainsi à répondre aux besoins en bois énergie, mais également en vue de renverser la tendance à la déforestation accélérée de la Grande  Ile. Rappelons que plus de 90% des foyers malgaches utilisent, entièrement ou partiellement, le charbon de bois et le bois de chauffe notamment en zone rurale, pour la cuisson des repas et pour réchauffer de l’eau. En dépit de la « démocratisation » de l’utilisation du gaz ou des réchauds électriques, ces sources d’énergie domestique restent hors de portée pour la majorité des ménages, notamment en zone rurale.

Hanitra R.

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