Reforestation et rentabilité écologique : Plantation de bambous à Andringitra

La déforestation- de laquelle Madagascar détient le record mondial- est le problème environnemental n°1 dans la Grande île. La reforestation à hauteur de 40 000 ha a été ainsi décidée au niveau étatique. Cadrant dans la réalisation de cet objectif, une plantation de bambous de 100 ha est mise en place à Andringitra.

Le lancement officiel a été effectué hier 22 mars sur une étendue de 11ha à raison de 400 plants par ha à Andringitra, commune rurale d’Ambohimanjaka, district d’Ambohidratrimo. Le projet est mené par le ministère de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) à travers le Programme PROSPERER ; en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement durable (MED) et l’International network for Bamboo and Rattan( INBAR). Associations et coopératives ont également prêté mains fortes au MED, au MAEP, au PROSPERER et à l’INBAR ; à savoir : Fanazava, Volotsangana et Faniry. Notons que cette plantation s’inscrit à la fois dans une optique d’appui à la réalisation de la politique environnementale nationale ; ainsi que dans la promotion de la filière bambou, démarrée il y a au moins neuf ans déjà, en 2010 avec l’INBAR, dans la Région Atsinanana.

Filière prometteuse. Huit autres régions, dont Analamanga, bénéficient maintenant de ce projet, notamment en raison de la collaboration avec PROSPERER. En vue de satisfaire la demande en jeunes plants de bambous qui est appelée à connaître une forte croissance dans les mois à venir, un laboratoire commercial est actuellement en cours d’installation, avec une des coopératives, parties prenantes du projet, dénommée Fanazava. Pour information, le bambou est « écolo » par excellence, notamment parce qu’il produit 30% d’oxygène de plus que tous les arbres à feuilles, en fixant également 30% de CO2 en plus. Il retient et fixe aussi plus facilement l’eau dans le sol donc préserve celui-ci, grâce à la physiologie de ses feuilles. Pourtant d’une autre part, elle, tellement « vigoureuse » qu’elle ne nécessite ni beaucoup d’eau ni beaucoup d’entretien pour pousser et s’épanouir. Economiquement parlant, elle fait vivre directement et/ou indirectement deux milliards de personnes dans le monde. En ce qui concerne Madagascar, il fait partie intégrante de la vie quotidienne de certaines communautés, que ce soit dans la construction des habitats ou dans les rituels (circoncision traditionnel par exemple), surtout dans la partie orientale de la Grande île.

Luz Razafimbelo

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Maylis. En te lisant, on voit bien que tu ignores beaucoup de chose. L’INBAR n’est pas une entreprise mais une agence intergouvernementale regroupant une quarantaine pays du Sud qui veut promouvoir le bambou. Vous pouvez visiter leur site au http://www.inbar.int pour voir tous bénéfices du bambou sur l’environnement (protection et restauration du sol, capture et séquestration de CO2 grâce à sa croissance rapide), l’énergie (pouvoir calorifique supérieur à celui de l’eucalyptus), l’alimentation animale (excellent fourrage permettant la croissance de la production laitière chez la vache…), la santé…
    Bien sûr, les ignorants vont toujours dire que le bambou est invasif. Les diplômés du système occidental (et du vieux système) vont dire la même chose puisqu’ils n’ont pas appris le bambou pendant leurs études… Et c’est normal puisqu’il n’y a pas de bambou en Europe 😅. Donc comment ils peuvent savoir qu’il y a des espèces cespiteux (sympodiales, en touffes, non invasifs) et des espèces monopodiales invasives.

    Cher Bloo, un préjugé de plus de dire que le bambou détruit le sol. Au contraire, des publications scientifiques prouvent une amélioration de la fertilité. Ce préjugé chez les paysans vient tout simplement du fait que les espèces de bambou monopodiales (donc invasifs à cause de leurs stolons souterrains) occupent le sol et sont difficiles à détruire. Les espèces sympodiales (voir explication en haut) augmentent la fertilité et ne sont pas invasives 😃.

    Vérifiez vos propos avant de dire des bêtises.

  2. Merci pour vos éclaircissements et conseils Maylis LAPOUBLE.
    Même pour le malagasy premier, planter du bambou a toujours été prohibé, car ca détruit le sol. Je ne pense pas que cette initiative de reboisement soit vraiment sincère, juste une occasion de se montrer en public et de sortir pour une excursion…comme chaque année d’ailleurs.

  3. Ben tous ces experts et Ministères pour créer une CATASTROPHE écologique ! A Andringitra en plus ! Le bambou, pour ceux qui en ont eu chez eux, est une vraie PESTE biologique ! II s’étend partout en sous-sol étouffant toute autre végétation sur son passage ; impossible de s’en débarrasser ! Arrêtez de faire du copinage avec ce chef d’entreprise dans le bambou (Inbar) ! Qu’il loue des terrains et s’en fasse un peu ! Mais pas au niveau national ! C’est vrai que le bambou pousse vite (et se répand comme la teigne ) ; mais les malagasy ne sont pas des Chinois ! Certes il en faut un peu mais très peu (pour les échafaudages) ! De plus l’air vicié, n’est pas vraiment le problème de Madagascar ; c’est plutôt enrichir les sols, qu’il faut ! ( et retenir l’eau) ! Prenez par exemple l’Acacia Albida Faidherbia : ce grand arbre 20 à 30 mètres) à croissance moyennement rapide (Croissance 1–1,5 m par an ) redonne de l’azote au sol , et permet par son ombrage et son aptitude à faire remonter l’eau profonde, l’agriculture dessous . Mais l’extraordinaire avec cet arbre, et le processus n’est pas encore compris, est sa “Phénologie Inverse” ! Il se couvre de feuilles durant la saison sèche d’hiver austral et s’ effeuille pendant la saison des pluies !
    Sinon , les feuilles et les gousses de cet acacia donnent un fourrage excellent durant l’hiver austral
    C’est un excellent bois de feu et il peut fournir un charbon de bois de qualité. Les branches épineuses sont utilisées pour clôturer les champs. L’écorce et les racines, seules ou en mélange avec d’autres composants, sont des ingrédients classiques des préparations médicinales à usage interne ou externe. pour les infections respiratoires, dentaires, digestives, les fièvres, les problèmes cardiaques et circulatoires, la surdité Plantez donc ça, et il vous durera toute une vie (70–90 ans.) !

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