Délimitation des zones de pêche : Les pêcheurs traditionnels exigent une révision

Le non-respect des navires-usines de la délimitation des zones de pêche  est catastrophique pour les ressources marines du pays ainsi que pour la survie des communautés des zones côtières.

La Grande Île n’a pas déclaré les coordonnées de la limite extérieure de sa zone économique exclusive (ZEE). Par contre, une délimitation de la zone de pêche a été mise en place par les autorités. Une délimitation qui n’est toutefois pas respectée par les navires- usines qui opèrent dans la pêche traditionnelle. Les pêcheurs traditionnels regroupés dans le réseau « Mihary » l’ont affirmé lors d’une conférence de presse organisée à Ivato hier. « Les problématiques liées aux navires- usines qui empiètent dans les zones réservées aux pêcheurs traditionnels ne sont pas encore résolues et concernent toutes les régions côtières du pays » a fait savoir Edmond Ramadany, président régional réseau « Mihary » dans le Nord- Ouest. Ce dernier de noter : « la loi exige que les navires- usines n’opèrent qu’à partir de 12 miles (environ 22 km) des côtes. Une délimitation qui n’est toutefois pas respectée par les navires qui pénètrent jusqu’à 2 miles« . Les conséquences seraient désastreuses pour les ressources marines des régions côtières. D’autant plus que les navires-usines rejettent les déchets dans la mer. « Non seulement ils surexploitent les ressources marines, mais ils rejettent leurs déchets dans les eaux marines malgaches » s’est indigné Edmond Ramadany. Prospérin Nasonjo, président régional Menabe-Melaky du réseau « Mihary », quant à lui, de souligner l’ampleur de la situation en évoquant la « ratification des ressources« . « La quantité de nos récoltes diminuent avec les années. L’exploitation sauvage impacte  également sur la qualité des produits. Les crabes, par exemple, deviennent de plus en plus petit » s’est lamenté Prospérin Nasonjo.

10 km. Les problématiques concernant les zones de pêches ne datent pas d’aujourd’hui. Selon le président régional du réseau « Mihary » Anosy, les faits remontent à l’année 2016. Des négociations et des revendications ont dès lors été menées par les pêcheurs traditionnels auprès des responsables étatiques. « Les lobbies sont en cours et nous espérons que le gouvernement publie l’arrêté ministériel relatif à la nouvelle délimitation des zones de pêches » a fait savoir Edmond Ramadany. Ce dernier également de faire savoir que « les pêcheurs traditionnels exigent dix kilomètres de plus dans la nouvelle délimitation« . « La revendication prend en compte l’aspect réserve et l’aspect bonne gestion des ressources ce qui est aux antipodes de ce que font les navires- usines qui sillonnent les eaux marines malgaches » a-t-il expliqué. Les ressources marines du pays sont, en effet, en grand danger. Si les efforts menés par les divers acteurs de la société civile tentent de ralentir le désastre, l’on attend que le gouvernement en fasse une priorité. La sécurité du littoral a été évoquée à maintes reprises par les organisations de la société civile œuvrant dans la protection de la biodiversité. On attend ce que le pouvoir actuel va faire pour assurer ladite sécurité.

José Belalahy

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