Conférence Internationale du Travail : Andry Rajoelina interpelle sur l’esclavagisme moderne

Jacaranda
: Le Président Andry Rajoelina prononçant son discours lors de la Conférence Internationale du Travail à Genève hier.

Six instruments de ratification des conventions et protocole de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont été remis par le Président de la République de Madagascar Andry Rajoelina au Directeur Général de l’OIT lors de la Conférence Internationale du Travail, session centenaire à Genève

« L’esclavagisme moderne fait rage et est irréversible. Je lance donc un appel  à vous tous présents ici dans cette assemblée et à vous tous qui entendez ce message. Prenons nos responsabilités. Agissons ensemble pour mettre un terme à l’esclavagisme moderne et aux trafics d’êtres humains. Mettons un terme au silence et à l’indifférence qui permettent à ce mal de perdurer ». Ce sont là les propos du Président Andry Rajoelina lors de la Conférence Internationale du Travail, session centenaire à Genève hier. Des faits qui touchent actuellement plus de « quatre milles femmes séquestrées et détenues contre leur volonté au Moyen -Orient dans des conditions inhumaines » d’après les dires du PRM. Des « faits inadmissibles et inconcevables » qui « doivent cesser » selon toujours les propos de Andry Rajoelina. La conférence Internationale du Travail a donc été l’opportunité pour le président malgache de faire savoir au monde l’engagement de Madagascar dans la lutte contre le fléau. Un engagement qui s’est manifesté par le rapatriement de nombreuses travailleuses domestiques de Koweït au mois de mai dernier. « Une responsabilité que Madagascar a déjà pris et que le pays continuera à faire » note Andry Rajoelina.

La remise des six instruments de ratification des conventions et protocole de l’Organisation Internationale du Travail.

Décent. L’occasion de la Conférence Internationale du Travail, session centenaire a également été l’opportunité pour Andry Rajoelina de faire état des avancées en matière d’instauration du travail décent à Madagascar. Entre autres, le programme Fiharina ou encore la hausse du salaire minimal. Il conviendrait de noter que les six instruments de conventions correspondent à la Convention No. 151 sur les relations de travail dans la fonction publique de 1978, la Convention No. 154 sur la négociation collective de 1981, la Convention No. 143 sur les travailleurs migrants de 1975, la Convention No. 181 sur les agences privées d’emploi de 1997, la Convention No. 189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques 2011 et enfin le Protocole de 2014 relatif à la Convention No. 29 sur le travail forcé de 1930. Une ratification qui signifierait pour Madagascar « la concrétisation de l’instauration d’une paix durable ». En ce sens que la première par exemple, « promeut donc l’objectif de sécurité et de stabilité au sein de la fonction publique de par les conditions de travail décentes en son sein qui seront négociées ». Par ailleurs, les trois Conventions de l’OIT Nos. 143, 181 et 189 et le Protocole à la Convention No. 29, constituent un ensemble normatif cohérent destiné « à protéger les conditions de travail et de vie des travailleurs migrants, ceux-ci étant particulièrement vulnérables et sujets à exploitation ». Ce qui rejoint l’interpellation du Président Malgache sur l’importance d’attribuer une attention particulière à la lutte contre toutes les formes d’exploitation des hommes.

Centenaire. Il conviendrait de noter que la Conférence Internationale du Travail qui s’est déroulée hier entre dans le cadre de la célébration des cent ans d’existence de l’OIT. Une célébration qui a vu la participation de Madagascar. Notamment, durant le « Tour du monde de l’OIT en 24h ». Une retransmission mondiale en direct des évènements de célébration du 11 avril 2019 et dont celle de Madagascar était calée de 11h à 12h le même jour. Des activités culturelles avec des artistes nationaux ont été au rendez-vous pour faire passer les messages de sensibilisation dans une ambiance de célébration. Environ 2000 personnes ont été présentes dont Le Premier Ministre, les chefs d’institutions, les Organisations des Travailleurs et des Employeurs, le Système des Nations Unies à Madagascar, les Partenaires Techniques et Financiers, l’Université d’Antananarivo, la Société civile et les ONG, tous les partenaires de l’OIT à Madagascar. Pour en revenir à l’esclavage moderne, la lutte est encore rude pour Madagascar étant donné le contexte socio -économique du pays. Le fait pour le Président de la République d’interpeler le monde sur l’esclavage moderne serait-il la prémisse d’autres initiatives de rapatriement de travailleurs malgaches dans le pays sachant que bon nombre d’entre eux vivent dans des conditions inhumaines là où ils sont ?

José Belalahy

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    Pour bien faire il faudrait peut-être se pencher sur le cas des mpiasa trano. Quand on pense que certains n’ont même pas atteint la majorité et se retrouvent déjà au service de ses compatriotes pour souvent des salaires de misère et corvéable à merci et je passe et des meilleures. Et quand j’interpelle ces compatriotes patrons, ils me répondent qu’ils rendent service en leur donnant du travail. Ce qu’ils oublient c’est qu’ils les exploitent et que par la suite ces mpiasa trano deviennent des jiolahy, qui iront les dépouiller au coin de la rue…

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