Approvisionnement en eau dans le sud : 40 000 habitants bénéficiaires directs du pipeline d’Androy

Des bénéficiaires de la commune rurale de Marovato qui attendent l’eau potable d’Ampotaka.

Vingt trois ans après la mise en place par la JICA du pipeline d’Ampotaka, le gouvernement malgache, ainsi que ses partenaires tels que l’Unicef et le gouvernement Japonais, viennent d’opérationnaliser le projet de renforcement et d’extension du pipeline de transport d’eau potable dans la région Androy.

La situation régulière de crise alimentaire dans le grand sud, à cause de la difficulté d’accès à l’eau potable, serait de l’histoire ancienne pour une partie de la population de la région Androy. Une situation qui empêche l’épanouissement de la population, et par ricochet le développement de ladite région. Inauguré hier, le principe du pipeline de transport d’eau consiste à capter l’eau douce de la rivière Menarandra (l’une des seules rivières de cette partie du pays) pour la transférer sur une distance de 140 km. 19 réseaux de distribution sont ainsi connectés au pipeline afin de desservir environ 40 000 habitants (des bénéficiaires directs), répartis dans six communes des districts de Beloha et Tsihombe. Lesdites communes étant : Marolinta, Beloha, Marovato ,Tranovao, Nikoly et Faux Cap.

Il convient de noter que « le projet de transfert d’eau à longue distance fonctionnant par l’énergie solaire est une innovation dans le continent africain », d’après Luc Herrouin, spécialiste en eau, assainissement et hygiène auprès de l’Unicef Madagascar. Une innovation qui fait de Madagascar un « pionnier en la matière ». L’arrivée de l’eau « potable » dans cette partie de la Grande Île apporte avec elle un vent d’espoir, aussi bien pour la population locale que pour les divers acteurs de la vie publique.

Distributions. Diverses entreprises ont conclu des contrats avec le ministère de l’Energie, de l’eau et des hydrocarbures, pour la gestion de la distribution de l’eau. Une façon pour les « parties prenantes de limiter les dépenses afférentes à la gestion », mais également de créer de l’emploi auprès des communautés locales. En effet, les entreprises de distribution opèrent auprès des divers points de piquages où l’eau est stockée dans des réservoirs. L’eau est ensuite vendue à la population à raison de 120 ariary le bidon de 20 litres. Un système qui impose aux entreprises de distribution de recruter des fontainiers auprès des différentes communautés où elles opèrent. Interrogé sur la capacité de la population à s’offrir le bidon d’eau, Ratsimanavaka  Mahatody Aldo, directeur de l’entreprise Cap/Mad, explique : « le tarif de 120 ariary le bidon de 20 litres a été fixé à l’issue d’une consultation publique. Des entretiens ont été menés avec tous les acteurs, et le tarif de 120 ariary a été validé par tous ». Un tarif qui serait abordable pour la population locale et qui devrait lui permettre de bénéficier d’eau potable répondant aux normes et exigences internationales.

Défis. Les avancées sont certes majeures dans l’approvisionnement en eau potable de la région Androy. Des défis majeurs restent toutefois à relever. La vaste étendue de la région fait que des milliers d’habitants ne bénéficient pas encore de l’eau potable. « Seule la population aux alentours du pipeline peut espérer un éventuel changement dans son quotidien », lance Anicet, habitant de Marovato. Situation confirmée par Ratsimanavaka Mahatody Aldo qui note que « la distribution de l’eau auprès de toute la population est un défi de taille pour les acteurs. Il est assez difficile de permettre à toute la population de l’Androy sans exception d’avoir accès à l’eau potable ». En effet, diverses communautés de ladite région vivent encore dans les conditions extrêmes causées par le non-accès à l’eau potable. Outre le parcours du combattant et la distribution par des  charretiers, la troisième solution pour lesdites communautés d’avoir de l’eau potable est la livraison d’eau par camion. D’où le projet d’extension du réseau existant dans la phase 2 du projet actuel. Une extension de 45 km qui devrait permettre de toucher plus d’habitants.

José Belalahy

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