Insécurité alimentaire : S’inspirer de l’expérience sud-coréenne

Jacaranda

Dans les années 1960, la Corée du Sud a vécu ce que Madagascar traverse aujourd’hui en matière d’insécurité alimentaire, mais le pays a pu s’en sortir.

La Grande île pourrait-elle s’inspirer de l’expérience sud-coréenne en matière de lutte contre la malnutrition et la sécurité alimentaire ? Il y a lieu de le penser. Au début de ce mois, une délégation sud-coréenne, composée de l’ambassadeur en personne, des représentants de l’Agence de coopération internationale de la Corée du Sud (KOICA), des experts en nutrition, ainsi que des représentants du Programme Alimentaire Mondial (PAM), a effectué une visite dans le Grand Sud de Madagascar, et a constaté de visu les réalités sur place, notamment à Ampanihy, Fotadrevo et Itampolo, en matière de malnutrition aussi bien chronique qu’aiguë. Cette visite a permis d’évaluer les besoins énormes de la population dans ces localités, et des appuis possibles que pourrait apporter la Corée du Sud et son agence d’appui KOICA. La mise sur pied d’un futur projet, dont la mise en œuvre sera confiée au PAM, est ainsi envisageable.

Un projet avant la fin de l’année. Lundi dernier, une rencontre entre l’ambassadeur de la République de Corée, Lim Sang-Woo, le coordonateur national de l’Office national de nutrition (ONN), le Dr Lucie Solofonirina et le représentant du PAM, Moumini Ouedraogo, est sans doute les prémices d’une prochaine collaboration. « Un rapport complet de cette visite permettra de voir comment renforcer la capacité de l’ONN et du PAM pour améliorer la situation en matière de nutrition dans le Grand Sud de Madagascar. Nous espérons finaliser ces études et démarrer un projet avant la fin de l’année », a affirmé l’ambassadeur de la République de Corée, Lim Sang-Woo. Pour sa part le coordonateur national de l’ONN, fait mention de l’expérience sud-coréenne en matière d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Expérience partagée par l’ambassadeur sur la situation vécue dans les années 1960 par la Corée du Sud, similaire à l’actuelle situation malgache, mais que la Corée du Sud a su dépasser depuis longtemps. « Actuellement, nous travaillons sur les voies et moyens permettant de mettre en œuvre une stratégie durable qui permettra d’éliminer la malnutrition chronique. Car actuellement, la malnutrition aigüe sévère regagne du terrain et nous ne faisons que gérer des poches de malnutrition aiguë  sévère, localisées dans le Sud-Est et le Grand Sud, où la sécheresse et l’invasion de la chenille légionnaire n’ont pas arrangé les choses. Maintenant, il est temps de réaliser quelque chose de durable », a-t-elle affirmé.

Prendre le mal à la racine. Présent dans le Sud et dans les zones les plus reculées depuis des années, le PAM connaît les réalités du terrain. « Nous espérons pouvoir nous attaquer à la racine du mal, à savoir la prévention de la malnutrition, qui n’est pas seulement un problème d’accès à la nourriture, mais également tout ce qui touche la santé et l’hygiène », a affirmé Moumini Ouedraogo, représentant du PAM à Madagascar. L’engagement de la Corée est ainsi venu au bon moment, s’agissant de l’appui financier. Les impacts de la malnutrition chronique étant irréversibles, notamment le retard de croissance et les difficultés au niveau cognitif qui ont des répercussions sur l’apprentissage et les résultats scolaires, ainsi qu’à la productivité à l’âge adulte, il est maintenant question « d’éviter que les nouvelles générations ne tombent pas dans la même situation », conclut le représentant du PAM. En d’autres termes, le vrai défi est la prévention et pas uniquement les ripostes à la situation actuelle, dont les impacts sont déjà irréversibles pour les enfants souffrant de malnutrition chronique.

Hanitra R.

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  1. Bel article,
    merci pour le partage.

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