Santé : Eradication de l’hépatite virale d’ici 2030

Jacaranda
la vaccination contre l’hépatite B reste le meilleur moyen de prévoir la maladie

Les virus responsables d’une hépatite, notamment les virus A, B et C restent très fréquents à Madagascar. L’hépatite virale est une épidémie silencieuse qui touche les enfants et les toxicomanes, ce qui rend le combat contre cette maladie particulièrement difficile.

Pour rappel, l’hépatite est une inflammation du foie causée par un toxique comme l’alcool, certains médicaments ou encore un virus. Et bien évidemment, si l’agent responsable de l’hépatite est un virus, on parle alors d’hépatites virales. Pour 90%  des personnes atteintes de l’hépatite B et 80% de celles infectées par l’hépatite C, sans le savoir, elles sont susceptibles de développer dans le futur  une maladie hépatique mortelle ou un cancer du foie. Et encore, les personnes porteuses de ces virus peuvent les transmettre à d’autres. Actuellement, l’hépatite A est la plus contagieuse et de ce fait, c’est la plus répandue dans le monde. Elle se transmet par l’eau ou l’alimentation et atteint le plus souvent les enfants et les adolescents. Toutefois, l’hépatite A est pratiquement bénigne, neuf personnes sur dix porteuses du virus ne montrent aucun symptôme. Quand le virus A entraîne une hépatite, une jaunisse peut se manifester mais cela se guérit en seulement quelques jours ou semaines et sans le moindre traitement.

23% de la population malgache sont porteurs du virus B à l’origine de l’hépatite B, d’où l’intérêt de se faire dépister dans les hôpitaux.

L’hépatite B et C. L’hépatite B est une maladie sexuellement transmissible, elle se transmet par le sang, par les sécrétions et de la mère à l’enfant lors de l’accouchement. Ainsi, un toxicomane aura des chances de l’attraper suite à un échange d’aiguille et de seringue, les agents de santé également peuvent en être infectés s’ils se piquent accidentellement en soignant une personne atteinte d’une hépatite B. A Madagascar, 23% de la population générale sont atteints par cette maladie selon les estimations. Et même si neuf personnes sur dix atteintes de l’hépatite B peuvent être guéries sans laisser de trace, elles restent porteuses du virus et risquent donc de le transmettre. Quant à l’hépatite C, elle se transmet comme l’hépatite B, c’est-à-dire à travers une transfusion sanguine, lors de partages d’aiguilles ou seringues contaminées, mais rarement pendant une relation sexuelle. A la différence du virus A et B, le virus C n’a été dépisté lors des dons de sang qu’en 1992. 70%  des  malades atteintes par ce virus développent une hépatite chronique entraînant une cirrhose ou cancer du foie.

La prévention de l’hépatite virale. Comme les hépatites virales sont silencieuses, le dépistage est le seul moyen pour identifier la présence de la maladie chez une personne. En effet, les hépatites évoluent très lentement et surtout, il existe un traitement antiviral permettant de les guérir même si le virus est présent chez le malade depuis longtemps. Les professionnels de santé encouragent donc les personnes ayant subi des opérations, des transfusions ou des greffes avant 1992, aux personnes incarcérées, aux compagnes des personnes porteuses du virus C, ainsi que ceux ou celles qui ont des tatouages et piercing à se faire dépister. La sensibilisation sur les types d’hépatite virale est la première arme contre les virus A, B et C. Dans notre pays, les vaccins contrent les hépatites A et B sont préconisés par les professionnels de santé. Le cas du vaccin contre l’hépatite B est particulièrement nécessaire pour les personnes à risques comme le personnel de santé, les proches des personnes infectées, les nouveau-nés dont la mère est porteuse du virus, les personnes qui ont de nombreux partenaires sexuels, les toxicomanes ainsi que celles qui voyagent régulièrement. L’hépatite B qui ne cesse de gagner du terrain a obligé l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à recommander la vaccination de tous les enfants afin de prévenir la maladie. Puis, pour éviter que les virus hépatiques B et C se propagent davantage, la mise en œuvre de la sécurité des transfusions et l’application des précautions de lutte contre les infections dans le cadre des soins de santé ont été nécessaires. Et si la maladie est diagnostiquée assez tôt chez un patient, cela permet de prendre des précautions afin d’éviter des lésions supplémentaires au niveau du foie, en proscrivant par exemple la consommation d’alcool et de tabac, ou encore les médicaments connus pour leur hépatotoxicité.

La journée mondiale contre l’hépatite. Depuis 2011, la célébration de la Journée mondiale contre l’hépatite a lieu le 28 juillet. L’objectif de cette journée est de sensibiliser le public et les médias internationaux de la dangerosité des hépatites. Pour cela, des réunions sont organisées un peu partout dans le monde afin de faire connaître cette maladie. Le but est d’éradiquer totalement l’hépatite virale d’ici 2030.  Pour cette année 2019, Madagascar célébrera cette journée le 01 août  devant l’hôpital CHU-HJRA Ampefiloha avec le thème « éliminer l’hépatite ». Une journée qui permettra de responsabiliser tout un chacun, de susciter l’engagement et de créer un élan dans cette lutte contre l’hépatite.

Recueillis par Anja RANDRIAMAHEFA

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