Tortures et violence policière : Les cris d’alarme de la CNIDH

Jacaranda
Les conditions de détention dans les prisons malgaches ont fait couler beaucoup d’encre.

La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme déplore des cas de non respect des droits humains observés suite à des descentes sur terrain cette année.

Des cas de non respect des droits de l’homme se présentent quotidiennement à Madagascar. Dans un communiqué publié hier, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme avance et dénonce “la dégradation des conditions de détention au niveau des établissements pénitentiaires”. “Ayant effectué la visite de vingt-trois établissements pénitentiaires sur les quatre-vingt-deux existants à Madagascar, elle (la CNIDH) a formulé des recommandations afin d’améliorer le traitement des personnes privées de liberté”, peut-on lire dans ledit document. La CNIDH également de préciser “la pratique masquée d’actes de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants caractérisés par la détention provisoire prolongée”. Il conviendrait en effet de noter que, la détention préventive abusive a toujours été déplorée par les défenseurs des droits de l’homme. Citée comme première cause de la surpopulation carcérale, la pratique est devenue systématique pour le système judiciaire malgache. Si bien que la majorité des détenus malgaches est composée par des “prévenus”.

Etouffés. La CNIDH continue son “ampamoaka” en faisant savoir que “des pactes villageois ou “dina” non-homologués sont appliqués…et imposent une légitimation de la torture, parfois attentatoire à la vie des victimes”. Que “la torture frappe les groupes de population souvent oubliés”. Les cas dénoncés par la population de Farafangana, les exactions policières commis à Antsakabary ou encore le “Besaloha” observés dans la région Sofia, ont été cités par la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme dans son communiqué. Avant de pointer du doigt l’inexistence de jugement rendu pour des affaires comme Antsakabary. “…Malgré les interpellations, des dossiers restent souvent lettres mortes et certaines procédures judiciaires étouffées (…) La nécessité d’autorisation de poursuite s’avère être un bouclier imparable pour les éléments des forces de défense et de sécurité incriminés”. Instituée en tant que mécanisme national de Prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la CNIDH continue de tirer sur la sonnette d’alarme…Ses efforts seront-ils fructueux un jour ?

Recueillis par José Belalahy

Blueline Air Fiber

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.