Charbon de bois : Hausse incessante du prix : 30.000 ariary le sac

La grande majorité des consommateurs de charbon de bois, achète au détail.

Plus de 95% des ménages malgaches utilisent entièrement ou partiellement, le charbon de bois pour la cuisson des repas et pour chauffer de l’eau, mais depuis le mois de juin, le charbon a connu des hausses de prix assez conséquentes. Environ 30.000 ariary pour un sac de taille moyenne.

La hausse du prix du charbon de bois a de quoi perturber sérieusement les budgets des ménages, dans la mesure où la hausse est d’au moins 5000 ariary par sac dans certains quartiers de la capitale.

Le charbon de bois devient ainsi de moins en moins accessible pour les consommateurs, dont la grande majorité achète au détail. L’achat minimum de 500 ariary chez les détaillants ne suffit plus pour la cuisson d’un repas classique des ménages malgaches : riz et mets d’accompagnement.

Durcissement des règles. Cette hausse des prix s’explique par le durcissement des réglementations en matière de coupe du bois. Mises en place par le ministère de l’Environnement et du Développement Durable, ces nouvelles réglementations imposent aux exploitants titulaires de permis de coupe, une superficie de reboisement obligatoire et le remplacement effectif de chaque arbre abattu par 50 nouveaux plants. Les contrôles ont été renforcés ces derniers mois pour vérifier le respect des superficies de reboisement. Au moindre manquement, l’exploitant compromet sérieusement le renouvellement de son permis, et risque même de ne plus pouvoir s’en faire délivrer. De même, le transport des produits sur les routes nationales fait également l’objet d’un contrôle renforcé.

Déforestation. Ces nouvelles réglementations ont été mises en place dans l’objectif de mettre un cran d’arrêt à la déforestation galopante à Madagascar ,et de protéger les écosystèmes forestiers. L’utilisation du bois, énergie principal combustible domestique à Madagascar, étant l’une des plus grandes pressions pesant sur les forêts malgaches, l’inversion de la tendance est plus que nécessaire. Ce, par le biais d’une réorganisation du système de production et de la gestion durable des ressources forestières, voies dans lesquelles le pays s’est engagé depuis quelques années, mais dont les résultats sont peu visibles. Par la mise en place des nouvelles réglementations, les consommateurs sont peu à peu poussés vers d’autres produits de substitution afin de réduire la forte dépendance des ménages malgaches au charbon de bois. Force est cependant de constater que, les produits de substitution disponibles, tel le gaz et l’électricité, restent financièrement inaccessibles aux petits consommateurs. Quant à l’éthanol, mis en avant au lendemain de la mise en place du régime actuel, le produit reste pour l’instant, encore peu répandu.

Politique. Habitués, ou contraints à l’achat au jour le jour (de charbon de bois) en fonction des gains journaliers dans les foyers, les petits consommateurs n’ont pas la possibilité, bien que la volonté existe, de se tourner vers le gaz dont le recharge d’une bouteille coûte plus de 50.000 ariary pour une bouteille de 9kg. En ajoutant le prix de la bouteille et du détendeur, nécessaires au premier achat du dispositif, ainsi que le prix du réchaud, l’option du gaz demeure inenvisageable pour les ménages à faibles revenus. Ces derniers constituent par conséquent, la grande majorité des consommateurs utilisant exclusivement du charbon de bois. Les dispositions visant à gérer durablement les ressources forestières, doivent ainsi prendre en compte l’accessibilité des produits de substitution par les ménages à faibles revenus, grands consommateurs de bois énergie.

Hanitra R.

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