Retour à l’ancien calendrier scolaire : Certaines régions en sont plutôt favorables

Le retour à l’ancien calendrier scolaire a quelque peu perturbé la saison des vacances à Mahajanga.

Les conséquences du retour à l’ancien calendrier scolaire se font ressentir sur l’économie des villes touristiques comme Mahajanga.

Le retour à l’ancien calendrier a fait couler beaucoup d’encre.  Les tons ont surtout monté dans la capitale malgache pour déplorer une “décision insensée” du gouvernement.  Partagées  par des organisations de la société civile et véhiculées par les médias, les réactions des parents contestataires continuent de gagner du terrain. Ailleurs, les voix s’élèvent   également à propos de la problématique concernant le   Plan Sectoriel de l’Education. La seule différence c’est que la réaction va plutôt dans le sens de la décision gouvernementale. “La décision du gouvernement de revenir sur l’ancien calendrier scolaire a été attendue depuis longtemps. Tout est remis dans l’ordre actuellement et c’est une bonne chose ” lance Saïda (nom d’emprunt) directrice d’école privée de Mahajanga. Interrogée sur cette position, notre interlocutrice de noter : “ Le calendrier qu’on a imposé durant presque trois ans était tout sauf convenable aux réalités malgaches. Et quand je dis malgache, je ne parle pas d’une région particulière mais de tout Madagascar”. Propos et positions soutenus par Jao (nom d’emprunt) enseignant dans la région SAVA. “Les initiateurs du PSE ou Plan Sectoriel de l’Education ont maintes et maintes fois avancé la cause des habitants des zones rurales pour appuyer la mise en  œuvre du plan. Ce qu’ils semblent oublier c’est que les grands hommes et grandes femmes du pays ont vécu les difficultés des mondes ruraux. Ce qui ne les ont pas empêchés de réussir”, renchérit l’enseignant. Avant de préciser “l’importance maintenant d’orienter les débats vers le contenu du programme scolaire au lieu de toujours soulever le calendrier scolaire”.

Impacts. La décision du gouvernement de revenir à l’ancien calendrier scolaire a eu son lot de conséquences négatives. La perturbation des programmes des vacances des familles malgaches – enfin, celles qui en ont les moyens – vient en tête de liste. La gestion des “humeurs” et de la période de vacances n’est, en effet, pas aisée pour une famille ayant à la fois des enfants en classe d’examens officiels et en classes intermédiaires. “C’est pénible. D’un côté, il serait raisonnable d’attribuer une attention particulière aux enfants qui doivent encore faire face à leurs examens. De l’autre, les enfants qui ont fini leur année scolaire devraient également bénéficier d’un peu de notre temps”  s’est lamentée Hoby, une mère de famille. Les impacts du retour à l’ancien calendrier se font également ressentir dans les secteurs économiques comme le tourisme. “Les touristes nationaux ne savent plus si c’est la période des vacances ou non. Du coup, ils n’arrivent pas à s’organiser comme il faut, comme cela se fait chaque année” a lancé Elysa, marchande ambulante à la plage d’Antsanitia, Mahajanga. Interrogée sur l’impact réel de la situation, notre interlocutrice de déplorer “une perte d’environ 40% en chiffres d’affaires  en comparaison avec  les autres années”. Elysa également de noter  “une baisse des nombres de vacanciers” cette année. Une situation handicapante pour les villes comme Mahajanga qui mise sur les vacanciers pour    le développement de son  secteur économique. La situation qui prévaut actuellement démontre également la portée du qualificatif “sectoriel” dans la réforme de l’éducation à Madagascar.  On se demande alors si le côté économique de la chose a été perçu par les dirigeants ?

José Belalahy

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Le mauvais résultats de l’enseignement dans le monde rural n’a rien a voir avec le calendrier : il n’y a même pas d’enseignant ni infra. Choses mille fois primordiale que le calendrier…qui est à 95% universel…bien sûr il y en a qui veut se démarquer pour des fausses raisons.

  2. ny tombombarotra kelin dry zalahy no mba arguments-ny fa tsy ny fahafahan’ny zaza malagasy marobe any ambanivohitra mamita fianarany

  3. Et voilà ! Les Jao, Saïda et autres marchands ambulants de plage sont des « mivadika ati-doha », au vu de la philosophie malgache.
    « Mivadika ati-doha » veut dire que, dans l’échelle des valeurs humaines, l’on met en 1è position l’argent et l’égocentrisme au détriment de toute autre valeur dont le Hasina, la lutte contre l’analphabétisme, …etc …
    C’est incroyable !!! Comment voulez-vous que le pays se développe avec des bananes pareilles !

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