Légalisation du « Toaka Gasy » : Les jeunes juristes ont médité sur la question

Jacaranda

Chaque mois, l’association des jeunes juristes malgaches (JURITECHMAD) organise un débat au Youth Civic Center Analakely. Si le mois dernier, ces jeunes ont discuté du droit à la fin de vie et à l’euthanasie, pour ce mois d’août, ils ont opté pour un thème qui pourrait faire l’objet d’un gros débat dans le pays : la légalisation du « Toaka Gasy ». Une discussion qui a réuni beaucoup de curieux et de professionnels désireux d’exprimer leurs avis sur le sujet. C’est ainsi qu’on a pu entendre différents arguments de la part des panélistes présents mercredi dernier au YCC, du pour et du contre exprimés selon les règles de la bonne plaidoirie.

Pour la légalisation dudit produit. Parmi les panélistes chargés de défendre la légalisation du « Toaka Gasy », on a vu Mme Hantasoa Rabenjarson, chercheur au centre national de recherches industrielles et technologiques ; M. Tsilavo Ramarolahy, entrepreneur filière éthanol  et M. Chris Rantoson, entrepreneur. Pour ces derniers, la légalisation de ce produit permettrait de générer du revenu pour les régions productrices de ce rhum. Ce n’est pas tout puisque la consommation du « Toaka Gasy » fait partie de la culture malgache, boisson inévitable lors des différentes cérémonies locales. Toutefois, lors du débat la partie pour est consciente qu’il reste énormément de points à améliorer avant la légalisation du produit. Selon ces trois professionnels, le manque de sensibilisation et d’information des fabricants artisanaux fait que le rhum malgache ne respecte pas les normes techniques adéquates. Une mesure d’accompagnement et un renforcement des compétences des producteurs s’avèrent  être l’idéal.

Du contre. Côté contre, ce sont M. Mo, maître arrangeur et Mlle Sitraka, élève-avocate et membre de JURITECHMAD qui se sont relayé le micro. Pour eux, il s’agit d’un produit dangereux pour la santé car il est actuellement difficile de mesurer le taux d’alcolémie contenu dans ce type de produit. Même chose en ce qui concerne la conservation du rhum, des bidons ou des bouteilles en plastique sales reçoivent le liquide, ce qui n’est pas très sain. Puis, ils ont également avancé l’argument comme quoi la légalisation du rhum artisanal pourrait avoir des effets néfastes sur la concurrence, c’est-à-dire qu’une partie de la population, la couche pauvre risque de s’orienter vers la consommation de ce produit dangereux.

Au final, les deux parties se rejoignent sur un même point, il faudrait une normalisation et non une légalisation du « Toaka Gasy ». En tout cas, ce qui est certain, c’est que ce produit existe bel et bien à Madagascar.

Anja RANDRIAMAHEFA

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