Dégradation de l’environnement : Le cri d’alarme de la forêt d’Ankarafantsika

Un feu de brousse observé sur la RN 4 le 29 septembre 2019 dernier.

Feux de brousses, cultures sur brûlis, exploitations sauvages des ressources naturelles, braconnages, des exemples de mauvaises pratiques observées dans la forêt d’Ankarafantsika..

 Les communes environnantes du parc national d’Ankarafantsika vivraient actuellement « un certain boom démographique ». « Des gens venant d’autres régions de Madagascar viennent en vague pour s’installer chez nous. Ils viennent ici pour changer de vie » lance Eva, habitante de la commune rurale d’Andranofasika. Notre interlocutrice de renchérir « les vagues de migration se font environ toutes les deux semaines. Ils viennent en grand nombre…Une vague pouvant emmener une cinquantaine de personnes ». La venue des migrants dans les communes aux alentours de cette aire protégée aurait des conséquences néfastes sur la conservation de l’environnement. « Comme ces nouveaux venus ne disposent pas de techniques et technologies pouvant garantir leur survie, ils se tournent vers les ressources environnementales. Et comme la forêt est encore présente dans cette partie du pays, les migrants s’activent grandement à effectuer la culture sur brûlis ou encore les feux de brousses. Outre ces pratiques, les migrants convertissent les terres brûlées en terres agricoles », lance Fabrice Mahavatra, conseiller technique auprès du PAGE GIZ Boeny.

Internes. Outre les problèmes liés à la destruction de l’environnement, l’insécurité règnerait en maître dans cette zone. « Ces migrants nous ont même prévenu que s’ils ne disposent pas de quoi vivre, ils pourraient opter pour le vol », nous a encore  confié Eva. Une situation qui aurait comme conséquence la frustration interne auprès des communautés locales si l’on se réfère toujours aux dires de notre interlocutrice. « La population locale commence à ne plus tolérer le comportement dominant des migrants », explique toujours Eva. La hausse du niveau d’insécurité aurait augmenté et aurait un lien avec les vagues de migration de ces dernières années. Avant de proposer une piste de solution : « il serait mieux de développer les régions d’origine de ces migrants. S’ils ont de quoi vivre et s’épanouir, ils ne vont pas quitter leurs régions d’origine pour les nôtres ».

Alarmant. De nombreux hectares de forêts partent en fumées à causes des mauvaises pratiques. Continuant leurs activités, « les migrants constituent un grand danger pour les ressources du parc national ». En effet, ces derniers exploiteraient les ressources au sein même du parc. Face à une telle situation, des mesures ont été prises par les acteurs de conservation de l’environnement. « Un Dina a été mis en place pour essayer de dissuader ces exploitants illicites de la forêt. Mais cela n’a pas eu grand effet sur le public cible. Disposant d’une certaine solidarité, les migrants se liguent pour payer les Dina. Si bien que la somme leur semble faible. Ils continuent donc de détruire la forêt », a rajouté Fabrice Mahavatra. Une autre approche aurait été adoptée par les parties prenantes. « Les défenseurs de l’environnement ont opté pour des poursuites judiciaires des coupables. Des têtes ont été appréhendées et emprisonnées », avance Fabrice Mahavatra. Les exploitations illicites et les pratiques comme les feux de brousses et les tavy continuent de se faire aussi bien à l’intérieur du parc national d’Ankarafantsika que dans ses communes environnantes. Face à une telle situation, les autorités compétentes semblent impuissantes. Une absence manifeste de l’autorité de l’Etat dans les zones reculées ?

José Belalahy

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