Location d’un logement dans le Centre-ville : Pas de confort à moins de 300 000 Ariary

Jacaranda

Le centre-ville d’Antananarivo se fait de plus en plus étroit. Certaines personnes pensent même que la grande ville a dépassé la limite de sa capacité d’accueil. Actuellement, des offres immobilières sont affichées dans presque toutes les rues. Combien coûte donc un logement en ville et qui peuvent se permettre d’y vivre dans un immobilier décent ?

Qu’attendre d’un logement pour habitation ? « Des pièces à vivre, des toilettes, un coin pour cuisiner, de l’électricité et de l’eau », voici ce que nous a répondu une jeune fille qui cherchait un logement du côté de Manakambahiny. Mais pour louer une maison ou un appartement avec une cuisine, des toilettes, de l’eau, de l’électricité plus une chambre ; « il faut avoir les moyens, pas moins de 400 000 ariary » selon un agent immobilier. Effectivement, en lisant le petit panneau qui regroupe ses offres ; la plupart des biens ne sont accessibles qu’à partir de 350 000 Ariary. Avec un budget de 200 000 Ariary et moins, il ne faut espérer que des maisons sans accès à l’eau de la Jirama et où les toilettes se trouvent dans la cour.

Le confort a un prix. « Maison à louer, confort » ; c’est ainsi que les agences immobilières présentent à leurs clients les biens immobiliers dotés d’eau, d’électricité, de pièces à vivre, de toilettes et de cuisine. Mais attention,  confort ne signifie pas ici luxe ou en parfait état. Nous en avons fait l’expérience, il s’agit juste d’une maison avec toutes ses pièces et ce, peu importe son état. Parfois même, l’état de la plomberie et les installations électriques laissent à désirer. Et pourtant, lorsqu’on a interpellé un agent immobilier exerçant dans le quartier d’Ankadifotsy à ce sujet, elle a juste répondu : « vous ne trouverez pas mieux ailleurs, c’est rare de trouver des logements comme celle-ci ». Pour louer une maison « confortable », prévoir 400 000 Ariary et peut-être plus en fonction du quartier choisi. « Louer une maison à 400 000 Ariary est tout simplement impossible dans ma situation car cette somme est à peu près ce que je gagne mensuellement », a expliqué Toky qui a déclaré travailler dans une société offshore située en ville.

Une opportunité pour les propriétaires. La forte demande représente une opportunité d’affaires pour les propriétaires. Ces derniers n’hésitent pas à agrandir leurs biens immobiliers afin qu’ils puissent accueillir le maximum de locataires. Ainsi, il n’est pas rare de trouver une maison qui abrite trois à quatre ménages. Si le loyer est de 300 000 Ariary par ménage, multiplié par trois ou quatre, le logement peut apporter à son propriétaire une somme conséquente. A Ampefiloha par exemple, c’est le système adopté par beaucoup de propriétaires, on monte la maison de trois étages afin de la mettre en location comme un appartement.

Recourir à la colocation. Nombreux sont les jeunes, qui après avoir trouvé un travail, souhaitent quitter le foyer familial et voler de leurs propres ailes. Or, ils se rendent vite compte que ce n’est pas aussi simple que cela en avait l’air. « Au final, nous avons décidé de vivre en colocation, cela nous a permis de partager le loyer et de jouir d’un peu de confort » a expliqué les deux garçons qui vivent ensemble dans une maison louée à 350 000 Ariary. L’un ne parvenait à trouver un logement pour 175000 Ariary en ville, l’autre ne voulait pas vivre dans un logement où il faut sortir dans la cour pour puiser de l’eau ; la solution était donc de vivre ensemble. Ou bien si la colocation n’est vraiment pas envisageable, il est toujours possible d’en trouver des biens moins chers en périphérie (Itaosy, Ivato, Ampitatafika et autres). Mais dans ce cas-là, il faut bien gérer son emploi du temps et les frais de déplacement. Pour l’instant, la location de maisons est une course contre la montre pour les locataires, ce qui arrange les affaires des agents immobiliers et des propriétaires qui peuvent faire jouer la concurrence.

Enfin, il ne faut pas oublier de dire qu’il existe des biens proposés à un prix de location au-dessus de 1 million d’Ariary . On peut en trouver facilement en naviguant sur Internet. Mais force est de constater que, ces biens peuvent rester sans locataires pendant plus d’un an, peut-être parce que le loyer n’est pas dans les cordes de la majorité de la population.

Anja RANDRIAMAHEFA

Telma Fibre Vibe

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