Sciences, technologies et innovation : Levier de développement longtemps mésestimé

Jacaranda
Des programmes concrets d’échanges entre les pays africains en matière de science, technologie et innovation sont nécessaires pour un réel développement de la science.

Si les recommandations fixent les dépenses liées à la recherche scientifique à 1% du PIB du pays, seulement 0,014% sont affectées à cet effet.

“Si les pays comme le Japon et la Chine ont pu atteindre leurs situations actuelles, c’est qu’ils ont mis en avant l’importance des sciences, technologies et l’innovation dans leur processus de développement”. Ce sont là les propos du Pr Jonah Ratsimbazafy lors de l’ouverture de la consultation sous régionale Afrique Australe “renforcement des Académies nationales des sciences dans les PMA à l’appui de l’Agenda 2030” à Andrainarivo hier. Propos qui résument “la nécessité pour Madagascar d’attribuer une attention  particulière aux chercheurs malgaches, à leurs produits de recherches, mais également du secteur de la sciences, technologie et innovation en général”. En effet, il y aurait une certaine minimisation de ces derniers de la part des acteurs gouvernementaux. Ce que le Pr Jonah Ratsimbazafy tend à confirmer : “tout part de la considération attribuée aux chercheurs malgaches. Ces derniers sont réputés pour leur excellence dans les pays étrangers et disposent de beaucoup de notoriété. Sur le plan de la ressource humaine, nous avons donc ce qu’il faut là où il faut. Et c’est la même chose sur le plan des ressources naturelles. La richesse de Madagascar en termes de biodiversité n’est plus à démontrer. Si nous voulons développer le pays, il serait judicieux de tirer profit de ces ressources”. La première chose à faire serait une révision à la hausse du budget alloué par l’Etat à la recherche scientifique. Un fond dédié spécifiquement à la recherche qui devrait permettre de mettre à profit du pays les produits des recherches obtenus par les chercheurs malgaches.

Synergie. Outre la place attribuée aux chercheurs, à la science, la technologie et l’innovation, l’importance de la collaboration entre politiques et scientifiques a également été mise en avant hier. Ne partageant pas forcément les mêmes ordres de priorités, il s’est avéré que les deux parties devraient  travailler de concert pour un processus de développement digne de ce nom. L’élaboration de politiques publiques tirées de la science, l’organisation d’assise régulière entre les deux parties pour coordonner leurs visions ou encore l’adaptation de la politique nationale de la science aux besoins du développement ont été avancées par les participants comme piste de solution devant tendre vers cette optique. La promotion de la science, de la technologie et de l’innovation, devrait également permettre l’atteinte des objectifs du développement. “Une promotion qui ne concerne pas uniquement le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique mais qui devrait partir de la base, par l’éducation nationale”, comme l’a précisé le Pr Jonah Ratsimbazafy. La méconnaissance du malgache du monde de la recherche ou encore de ce que peuvent lui apporter les produits de recherche, en est la manifestation première. Profitant actuellement aux pays étrangers, les produits de recherches malgaches ne demandent qu’à être exploités. Encore faut-il avoir la volonté et les moyens qu’il faut.

José Belalahy

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