Décrochage scolaire dans la SAVA La réinsertion socioprofessionnelle, une 2e chance pour les jeunes

Le centre de formation professionnelle de Bemanevika entend être un acteur pérenne de la réinsertion socioprofessionnelle de la SAVA.

Sur cent élèves qui intègrent le système scolaire dans la région SAVA, environ vingt-cinq seulement peuvent atteindre la classe de terminale.

Hier était une journée particulière pour la commune rurale de Bemanevika et sa population, plus particulièrement les jeunes de 14 à 17 ans. Productrice de vanille, et qualifiée comme l’une des communes où l’on trouve les meilleures qualités de ce produit, la commune souffre du fléau de décrochage scolaire. « A l’instar des jeunes de la région Sava, la jeunesse de Bemanevika est emportée par cette tendance selon laquelle les études ne sont pas prioritaires, seul l’argent compte et il faut à tout prix être riche. Ce qui est possible avec la vanille » déplore Lucien Razakamanana Adjoint administratif et financier auprès de la Cisco de Sambava. L’ouverture officielle du centre de formation professionnelle de Bemanevika arrive à point nommé dans le sens où 60 jeunes de 14 à 17 ans y sont actuellement formés. Une initiative qui entre dans le cadre du projet OIT-Savabe. Financé par l’USDOL ou département américain du travail, ce dernier entend « améliorer de façon pérenne les conditions de vie des communautés productrices de vanille, en s’assurant qu’il n’y ait pas de travail des enfants ».

Besoins. Les jeunes formés auprès du centre de formation professionnelle sont répartis en deux modules différents. Entre autres, la menuiserie-bois et la culture maraîchère. Étant donné l’importance de la vanille dans la commune rurale de Bemanevika, les jeunes sont également formés à la technique de production et de préparation de la vanille. Devant aboutir à l’octroi d’un certificat au bout de six mois, la formation cible particulièrement les jeunes en dehors du système scolaire. Une façon pour le projet OIT-SAVABE et ses partenaires de promouvoir la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes de la SAVA. Soit « en tout et pour tout 450 enfants dont des jeunes issus de la prison d’Antalaha et d’Andapa » d’après les explications de Jean-Pierre Singa, conseiller technique principal du projet OIT-SAVABE. L’attrait de l’argent facile, l’attrait des avantages obtenus par la vanille, le style de vie dans la SAVA font que les jeunes quittent très tôt le système scolaire. Une situation qui mérite mure réflexion de la part de tous les acteurs.

José Belalahy

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