Sécurité Alimentaire : La valorisation du cactus mise en avant

Une journée de cueillette de cactus rouge dans l’Androy.

Des années après la campagne d’éradication du cactus « rouge » dans les régions du Sud du pays, l’État, avec ses partenaires techniques et financiers, affirme être convaincu de la place qu’a le cactus dans le processus de développement du pays.

« Madagascar valorise l’utilisation du cactus comme plante miracle pour le développement et la lutte contre la malnutrition ». C’est dans ces termes que s’est tenu l’atelier sur la valorisation du cactus organisé à Antaninarenina hier. Un évènement qui se veut être l’opportunité pour l’Etat, via l’Office Nationale de la Nutrition et les partenaires techniques et financiers comme le PAM et l’UNICEF, de « démontrer les mille et une ressources de la plante appelé « cactus ». Ainsi, cette dernière est « une plante exceptionnellement riche qui pourrait éventuellement devenir une filière porteuse qui va soutenir le développement humain et économique au niveau régional et national » d’après les dires de Lucie Solofonirina, coordonnateur nationale de l’ONN. En effet, connu comme étant riche en fibres, vitamines, minéraux et antioxydant, le cactus détient une place particulière dans les pays comme le Mexique, le Maroc, la Tunisie ou encore l’Éthiopie, le cactus sert plus de « nourriture de survie, de subsistance dans les régions du Sud du pays ». L’idée serait de transformer et de valoriser la plante qui existe en grande quantité et dans la majeure partie des cas à l’état sauvage de manière à obtenir des produits destinés soit à la consommation (l’on a surtout avancé la cause de la lutte contre la malnutrition), soit aux industries (pharmaceutiques et cosmétiques…). Et d’après les explications de Tsimanova Paubert, président de la coopérative Raketamena qui œuvre dans la production de produit dérivée du cactus « rouge » à Ambovombe Androy : « les potentiels existent. Il suffit de savoir les exploiter à bon escient de sorte à préserver l’environnement propre à l’Androy mais également en permettant le développement socio-économique ».

Pionniers. Avec une production de « 300 tonnes de noix de cactus à l’hectare », l’on pourrait facilement se dire que ce n’est pas la matière première qui manque dans le Sud du pays. Conscientes de la situation, des entreprises, des communautés et des coopératives des régions du Sud, se sont lancées depuis des années – bien avant la prise de conscience soudaine de l’État et de ses partenaires – à produire de façon expérimentale, locale et commerciale des confitures, des sirop et des huiles essentiels de Raketa ou cactus. L’exemple de la coopérative Raketamena, œuvrant à Ambovombe Androy en est une parfaite illustration. S’étant spécialisée dans la valorisation du cactus « rouge », ladite coopérative « réunit une centaine d’associations locales » selon Tsimanova Paubert. La structure se serait ainsi positionnée en « pourvoyeur d’emploi » dans une région qui souffre considérablement du chômage. « L’on a pu créer environ dix emplois directs dans notre chaine de production artisanale. Par ailleurs, si l’on prend la production dans son ensemble, c’est-à-dire depuis la cueillette jusqu’au lavage des noix de cactus, l’on peut en compter une centaine », s’est exprimé avec fierté Tsimanova Paubert. Si la volonté de valoriser le cactus est là, l’on se demande comment compte-t-on y parvenir. Car cela impliquerait la mise en place de structures permettant la transformation mais aussi le renforcement des capacités des populations locales de façon à obtenir des produits répondant aux normes internationales. Et Quid des infrastructures routières permettant l’évacuation des produits ? Quid également des débouchées pour les producteurs ?

José Belalahy

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