Reboisement national : Quid des mesures de suivi et évaluation ?

Avec 60 millions de jeunes plants à planter à partir du 19 janvier prochain, Madagascar voudrait-il défier l’Ethiopie dans le domaine du reboisement.

L’Etat se dit vouloir faire en sorte de reverdir Madagascar. Pour la campagne de reboisement de 2020, l’Etat s’est donné comme objectif de mettre en terre 60 millions de jeunes plants.

« 6 millions de jeunes plants à mettre en terre le jour du lancement officiel de la campagne de reboisement de cette année». Une ambition signée gouvernement malgache via le ministère en charge de l’Environnement et du Développement durable. Une volonté louable compte tenu de la situation de perte en couverture forestière et en matière de biodiversité qui prévalent actuellement dans le pays. Il est toutefois connu par tout malgache que le pays s’est lancé – ce depuis des années – dans des campagnes de reboisement sans beaucoup de résultats. Des initiatives qualifiées par Alexandre Georget, ministre actuel de l’Environnement et du Développement durable lors d’un entretien téléphonique comme étant des « effets d’annonce ». Marquant sa volonté de reverdir le pays, le ministère de l’Environnement a assigné « tous les démembrements du Ministère de tutelle et les autres départements ministériels ainsi que tout individu de bonne volonté à prêter main forte et à œuvrer de concert pour la concrétisation de cette noble tâche ».

Blanc. Si – pour la campagne de reboisement et dans son plan quinquennal – le ministère en question a communiqué sur le nombre de jeunes plants à boiser dans tout le pays, il n’a toutefois pas fait mention des mesures devant permettre « une pérennité de l’initiative ». Une source bien informée de faire savoir que « la campagne actuelle est une campagne classique ». Notre source également de se poser la question : « comment le gouvernement a fait et compte faire pour impliquer les habitants des zones de reboisement ». « En principe, l’initiateur du reboisement doit contracter avec la population locale pour que celle-ci prenne en main l’entretien, le suivi et l’évaluation des jeunes plants mis en terre ». Reboiser et laisser les jeunes plants sans entretien reviendraient, en effet, à tous les « effets d’annonce » initiés depuis des dizaines, vingtaines voir trentaines d’années à Madagascar. La question de « l’appropriation » du malgache de l’initiative et de son implication dans la tâche est donc primordiale pour la réussite de cette entreprise ô combien louable.  Pour l’heure, aucune information concernant la question n’est disponible. On attend donc que la campagne soit officiellement ouverte.

José Belalahy

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