Malnutrition infantile : Une lutte loin d’être gagnée

Jacaranda
Certains estiment que la situation du Sud ne changera pas, et que cela cache une situation géopolitique plus complexe. (crédit photo : Anja)

La malnutrition infantile reste un grand problème à Madagascar. Malgré tous les efforts déployés pour changer la situation depuis une vingtaine d’années, ce fléau ne connaît pas encore de solution. Selon les dernières statistiques entendues auprès des responsables lors d’une conférence de presse au ministère de l’Education nationale, la malnutrition infantile engendrerait plus de 17 000 décès par an dans le pays.

Lors d’une descente dans le Grand Sud l’année dernière, la situation était plus que critique avec des enfants malnutris dans plusieurs régions, d’Amboasary jusqu’à Ambovombe. Un fléau  qui n’a pas épargné le sud, et ce depuis des années. Pas d’approvisionnement en eau potable, situation économique compliquée où les ménages ne disposent que de 1 000 Ariary par jour pour nourrir une famille de 4 enfants, pas de perspectives professionnelles et, bien évidemment, un climat loin d’être clément pour ces régions. Du côté de l’Etat, on a mis en place divers programmes par le biais du ministère de la Population, des projets censés permettre la résolution du problème de pauvreté dans le sud. Malheureusement, pour l’instant, la situation reste inchangée même si on a pu noter quelques améliorations.

Un fléau qui touche toutes les régions. Mais outre le Sud, d’autres régions de Madagascar rencontrent également des cas de malnutrition infantile.  A Analamanga et dans presque toutes les villes du pays ; une alimentation saine pour les enfants reste encore un grand défi. Les enfants ne mangent pas assez de légumes, peut-on entendre des responsables au niveau de l’ONN (Office national de la nutrition) ou du ministère de la Santé publique lors des conférences de presse. Mais au-delà du fait de se priver de fruits et légumes, beaucoup d’enfants ne mangent pas régulièrement et quotidiennement. Parfois, les parents sont négligeants et d’autres fois, ils n’ont tout simplement pas les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants.

Comment y remédier ?  Tous les acteurs humanitaires ont lancé divers projets ces dernières années pour délivrer le sud de la pauvreté et de la malnutrition. Même chose pour les autres villes où des efforts conjoints par différents ministères avaient pour but de mettre fin à la malnutrition en 2019. Toutefois, ces actions de sensibilisation n’ont pas encore porté leurs fruits même si elles ont eu des répercussions sur le mode de vie d’une partie de la population. « Nous souhaitons bien faire et offrir le meilleur à nos enfants. Mais le manque de moyens ne nous le permet pas », nous a confié Miora, une mère de famille localisée à Andranomanalina. Beaucoup d’efforts restent donc encore à faire pour cette année au niveau des responsables mais aussi de la population elle-même.

Anja RANDRIAMAHEFA

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