Réforme de la santé publique : Importance indéniable de la valorisation des recherches

Des participants à la formation de transfert de connaissance pour la valorisation des pratiques et des politiques fondées sur la recherche.

La Grande Île n’est pas encore parvenue à se débarrasser de la peste, du paludisme ou encore de la prématurité. De vraies problématiques pour la santé publique qui pourraient toutefois trouver aux données scientifiques des solutions durables.

Qu’elles soient sous forme de rapports, de travaux de restitution, d’ateliers, de réunions, ou de publications scientifiques, la Grande Île regorge de données relatives à la santé publique. Et dans toutes les catégories de données, celles qui « concernent la peste, le paludisme et la prématurité » détiennent la première place en terme de chiffres. C’est ce qu’on a avancé à l’Institut pasteur de Madagascar (IPM) Avaradoha, lors de l’ouverture d’une formation portant sur le transfert de connaissances, hier. En effet, pour le cas de l’IPM, diverses recherches en anthropologie de la santé ont été menées depuis 2012. « Des recherches en anthropologie sur les déterminants et les complexes socioculturels autour de la santé à Madagascar ont été menées dans plusieurs régions du pays. Elles révèlent les réalités des malgaches lorsqu’ils doivent recourir aux services de santé publique », selon les explications de Chiarella Mattern, anthropologue de la santé auprès de l’Institut Pasteur de Madagascar. Avant de noter « l’importance de l’utilisation efficiente des données et produits de recherche en question ». La réalité démontre en effet que les produits de recherche – à l’instar des publications scientifiques que personne ne lit – sont complètement ignorés par le grand public, voire des décideurs politiques. Les données recueillies via les recherches constituent toutefois des outils d’aide à la décision, devant être exploitées et utilisées par ces derniers.

Défis. Un obstacle – qui relève de la capacité de compréhension des décideurs politiques – se dresse toutefois contre cette utilisation efficiente des données de recherche pour le développement de la santé publique. Le jargon utilisé par les chercheurs et la complexité de leur analyse ont été avancés comme étant les obstacles majeurs à toute entreprise de valorisation des produits de recherche. La formation pour le transfert de connaissance pour la valorisation des pratiques et des politiques fondées sur la recherche organisée à l’institut pasteur de Madagascar arrive donc à point nommé. Se consacrant sur trois thématiques majeures : la peste, le paludisme et la prématurité, les échanges entre dans le cadre du projet Rise ou Recherche, innovation, surveillances et évaluation. Devant durer cinq jours, l’événement  a réuni 24 participants intervenant dans les trois thématiques. Ainsi, « l’objectif est de bénéficier les participants d’outils nécessaires leur permettant de traduire les recherches opérationnelles en action publiques » d’après les explications de Voahangy Rasolofo Razanamparany, directeur scientifique auprès de l’Institut pasteur de Madagascar. Avant de renchérir : « il y a beaucoup de données sur les recherches. Il ne faut ni s’arrêter au stade de rapport, ni au stade de simples données brutes ou analysées. Il faut les exploiter pour améliorer le domaine de la santé publique ».  Tirer les bons éléments des données exploitables pour en faire des politiques publiques répondant aux besoins prioritaires de la population, telle serait le crédo de la formation qui se déroule actuellement à l’IPM Avaradoha. Pour cela, il conviendrait pour les chercheurs de trouver les bons mots, les bons arguments pour que les décideurs puissent comprendre et formuler des projets de développement à partir des produits de recherche.

José Belalahy

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