Les médias et les VBG : ECPAT France note des améliorations dans la presse

Jacaranda
18 organes de presse malgache étaient représentés lors du petit-déjeuner de presse initié par l’ECPAT France à l’hôtel Le Louvre Antaninarenina. (crédit photo : Princy)

L’ONG ECPAT France qui œuvre dans la défense des droits humains et la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants a mis en place un observatoire des médias visant à analyser les pratiques journalistiques en vue d’en identifier les bonnes et les mauvaises. L’objectif de ce projet est de parvenir à formuler des recommandations clés pour qu’il y ait respect des droits et égalité femme-homme dans la presse. Le résultat de ce monitoring serait positif selon les résultats communiqués hier à l’hôtel Le Louvre à Antaninarenina. 

Entre février 2019 et juin 2019, l’organisation a épluché 559 articles de presse, 119 journaux télévisés et 08 émissions radiophoniques. Selon les résultats de cette enquête, 130 cas de violences basées sur le genre ont été traités dans les médias dont 100 cas de VBG sur les femmes et 30 cas subis par les filles. Si en 2018, 59 articles parus dans la presse faisaient usage de stéréotypes négatifs du genre, traitant les femmes d’objets fragiles « Fanaka malemy », les enquêteurs de l’ECPAT n’ont relevé qu’un seul stéréotype de ce genre parmi les 686 productions médiatiques analysées entre février et juin 2019. Mais il n’y a pas que les stéréotypes qui ont été analysés ; l’utilisation des éléments sensationnels (photos à caractère pornographique, termes argotiques et stigmatisant), la non-indication des sources, le manque de cohérence entre l’article et la photo d’illustration, le non-respect du droit à l’image et à la vie privée ainsi que la parution de publicités qui reflètent des stéréotypes à l’égard des femmes figurent également parmi les critères analysés par les agents de l’ECPAT France lors de cet observatoire. 

Tendance à l’amélioration. Le constat général de l’ECPAT France est que les médias ont fait des efforts au niveau du choix des termes utilisés (stéréotypes), la cohérence des photos avec les articles et le respect du droit à l’image des victimes. Par contre, les statistiques concernant la sensibilisation sur le genre et les droits humains, la mention de la source d’information et le respect du droit à la vie privée des victimes de VBG stagnent ou restent inchangées par rapport aux résultats de l’année 2018. 

Recommandations. Face à cela, l’ECPAT France va continuer les formations et les actions de sensibilisation auprès des journalistes locaux. L’organisation recommande d’ailleurs aux journalistes l’intégration des éléments de droits et de genre dans les productions médiatiques ; la protection de l’intérêt supérieur de toutes les catégories d’enfants ; le respect du droit à l’image et du droit à l’identité ; la mise en valeur de la complémentarité entre homme et femme ainsi que la diffusion des informations équilibrées, ne rabaissant ni la femme, ni l’homme. Ces quelques conseils suivent les textes régissant la communication médiatisée à Madagascar. L’ECPAT France, lors de la restitution des résultats d’analyse de ce monitorage des médias, a par ailleurs partagé aux journalistes présents une citation de la célèbre militante contre les violences faites aux femmes, Marai Larasi : « les médias créent, reflètent et renforcent les attitudes de la société. Ceux et celles qui travaillent dans les médias devraient être conscients de cette situation et devraient tenter activement de ne pas reproduire les attitudes qui tolèrent la violence envers les femmes et les filles ». 

Anja RANDRIAMAHEFA

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