Trois mois de salaire impayés : Le personnel de Kraoma en grève

Banderole, suspension des activités… le mouvement a été renforcé par les employés au niveau central.

Cinquante agents de la compagnie minière Kraoma sont venus de Brieville pour tirer la sonnette d’alarme et manifester leur mécontentement à l’endroit des dirigeants au niveau central.

« Nous sommes actuellement en pleine discussion avec le directeur de cabinet du ministère de tutelle et le directeur général de la compagnie Kraoma pour ce qui est de la suite de notre manifestation », a fait savoir Dina Andrianirina, leader syndical auprès de la compagnie minière Kraoma pour faire état des avancées de leur lutte, à Ampefiloha hier. Une partie du personnel de la compagnie en question a, en effet, fait le déplacement depuis l’usine à Brieville jusqu’à Antananarivo pour dénoncer et réclamer son dû auprès de la direction générale et interpeller les dirigeants du pays sur les conditions de travail. « Nous avons voulu dénoncer cette situation lors de la dernière visite du Président de la République à Brieville mais on nous en a empêchés. On avait espéré que la situation allait s’améliorer mais force est de constater que non. D’où notre présence à Antananarivo aujourd’hui (hier) », note un membre du personnel. Interrogé sur le pourquoi de la manifestation, le leader syndical auprès de Kraoma de faire savoir « un arriéré de paiement de trois mois de salaire  » mais surtout « le non-respect de la parole donnée sur la mise en place d’un comité de suivi de la gestion de la compagnie » par le ministre de tutelle. « Une réunion effectuée le 14 février a abouti à la décision d’instaurer un comité de suivi et de contrôle de la gestion de la compagnie. Une décision refusée par le ministre une fois que nous avons quitté la table des négociations. Ce que nous dénonçons fermement », note Dina Andrianirina.

Parallèle. A l’heure où nous mettons ces informations sur colonnes, « les discussions et négociations suivent leurs cours auprès de la direction générale de la Kraoma ». « Le directeur de cabinet du ministère de tutelle et le directeur général de Kraoma nous ont invités à cesser la manifestation en échange du paiement de nos salaires dans les plus brefs délais. Nous sommes toutefois déterminés à continuer la manifestation et à dénoncer les irrégularités dans la gestion de la compagnie minière », a lancé un syndicaliste présent à Ampefiloha hier. Par ailleurs, les discussions effectuées par les membres du personnel de la compagnie Kraoma durant la manifestation d’hier ont également permis de savoir l’existence d’une mauvaise pratique au niveau de la compagnie. « Nous savons que des dirigeants de la compagnie emploient parallèlement des personnes pour leurs propres comptes. Ces personnes travaillent dans des sites appartenant à la Kraoma et réclament des salaires auprès des responsables de la société au niveau local », a dénoncé un employé venu de Brieville qui a tenu à taire son nom par peur de représailles. Notre interlocuteur de faire également savoir que cette pratique est connue par tout le personnel. « Seulement voilà, si les dirigeants font leur magouille mais qu’ils s’assurent de respecter leurs engagements envers les employés, la situation aurait été plus ou moins facile à tolérer. Mais hélas, non seulement ils font leur business – et ce de façon déplorable – mais ils privent également les salariés de leurs droits. La preuve étant ces arriérés de salaire ». Pour les membres du personnel de la compagnie Kraoma présents à Ampefiloha hier, la manifestation continue. « Aucune décision probante n’a été prise ni par le directeur de cabinet du ministère ni par le directeur général. Ces derniers nous ont menacés d’une répression par les forces de l’ordre demain », a conclu un syndicaliste.

José Belalahy  

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.