Coronavirus : Le point de vue de Jean-Daniel Chaoui, conseiller consulaire des Français de Madagascar

Midi Madagascar (MM) Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé avant- hier soir, en direct, sur les chaînes françaises. Votre avis sur son allocution et plus largement sur la situation qui prévaut en France à propos de l’épidémie de coronavirus.

Jean-Daniel Chaoui (JDC) : J’ai apprécié l’intervention d’Emmanuel Macron. Il a trouvé le ton juste en appelant au civisme et à la solidarité nationale, « la France unie, solidaire et non solitaire » selon ses mots. Il est important dans la difficulté de se rassembler pour faire front. Il a aussi insisté sur les mesures d’accompagnement sanitaires et sociales, « quoi qu’il en coûte » a-t-il répété à plusieurs reprises, pour centrer la priorité sur les gens, sauver des vies. C’est essentiel. La fermeture des crèches, des écoles et des universités est une mesure de bon sens. Le maintien de l’élection municipale en France est plus discutable, je crains une participation très faible pour ce premier tour.

MM : Donc, globalement, plutôt un bon point au gouvernement français pour la gestion de la crise jusqu’à présent ?

JDC : La réponse est oui. Il est toujours difficile de monter en puissance dans les mesures de restriction sans provoquer la panique. Cela a été plutôt bien fait jusqu’à présent. Un bémol cependant, en ce qui concerne  la session de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) qui devrait avoir lieu la semaine prochaine,  du 16 au 20 mars,  et qui vient d’être annulée ce vendredi 13 mars. Cette indécision frise l’irresponsabilité de la part du ministre  en charge des Français de l’étranger. Fort heureusement, j’avais anticipé et pris la décision de ne pas participer à cette session de l’AFE.

MM : En ce qui concerne Madagascar, comment voyez-vous l’avenir proche de cette pandémie ?

JDC : Nous avons été épargnés jusqu’à présent, c’est une bonne chose, mais il est probable que nous serons aussi impactés dans les jours ou semaines qui viennent. La priorité des autorités françaises à Madagascar est la protection de la communauté française mais aussi l’aide et l’assistance sanitaire aux autorités malgaches. Nous serons tous concernés, le coronavirus ne choisit pas les nationalités. Les zones à risques dans le monde vont se multiplier, ce qui va rendre la gestion des personnes arrivant à Madagascar de plus en plus compliquée. Il faut, sur ce point, que les autorités malgaches demeurent  vigilantes pour limiter la contamination et puissent imposer un confinement rigoureux.

MM : La fermeture des frontières vous paraît-elle opportune pour le cas de  la Grande Île ?

JDC : C’est aux autorités malgaches d’en décider. Mais c’est une option possible pour se protéger. Je suis plutôt favorable à imposer un confinement aux voyageurs venant des zones à risques, sachant qu’aujourd’hui l’Europe, dont la France, est entrée dans cette définition.

MM : Votre vision à moyen terme de l’évolution de cette pandémie ?

JDC : Ce qui se passe actuellement en Chine et en Corée du Sud pousse à l’optimisme. On s’aperçoit que, passée un pic d’expansion, l’épidémie commence à décroître. Elle n’aurait donc pas vocation à s’installer et à perdurer. Mais cela représente un cycle de plusieurs mois qui déstabilise les pays et le commerce mondial et peut entraîner une crise économique. Le coût humain est aussi douloureux, nous dépassons aujourd’hui les 5000 victimes alors que nous n’avons pas atteint le pic de l’épidémie sur le plan mondial.

MM : Un dernier mot.

JDC : Pour paraphraser le président français, « Solidaire plutôt que solitaire », en France comme à Madagascar et entre nous.

Recueillis par P.R.

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