Lutte contre le Covid-19 : Branle-bas de combat des Malgaches

La panique pourrait être l’effet déclencheur de l’épidémie pour le cas de Madagascar.

Les statistiques stagnent d’après les sources officielles. La situation de panique suite à la déclaration présidentielle de vendredi dernier devrait se calmer dans les trois jours à venir selon le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat.

 « Tout ce qui se passe maintenant (samedi dernier) est prévisible. Et quoi que l’on dise, des cas confirmés de covid-19 auraient été publiés d’un jour à l’autre. Au moment où la maladie a atteint les îles voisines, ou encore la France, notre sort était déjà scellé ». Propos d’un père de famille d’Ambodivona dépité en voyant une longue file devant un magasin de grossiste de riz au marché d’Andravoahangy dans la matinée du samedi 21 mars 2020. La panique a atteint de nombreux ménages malgaches qui se sont rués dans les magasins, détaillants ou encore les marchés les plus proches pour « s’approvisionner… à outrance ». Conséquences, les prix des produits de première nécessité ont vite grimpé. Le sac de riz de cinquante kilogrammes par exemple a vite atteint les 90.000 ariary. De même pour les fruits et légumes. De longues files se sont vite constituées auprès des magasins, détaillants, grossistes et pharmacies du pays. Majunga, Diégo, Antananarivo et Sambava, des sources locales ont affirmé « un phénomène de vent de panique dont la manifestation est de se constituer des réserves en nourritures, de médicaments et de masques ». Se constituer des réserves de produits de première nécessité, de masques et de médicaments était pour ceux qui en ont eu les moyens, une façon de se rassurer psychologiquement face à d’éventuelles déclarations d’épidémie. La situation aurait été autre chez les familles ne disposant pas de moyens. Joint au téléphone, Zola, mère de famille de Majunga d’expliquer: « Des mères et pères de famille ont affiché leur crainte à ce qui pourrait se passer dans les jours à venir car ils n’ont pas les moyens de se constituer des réserves de plus de quelques jours. La peur est à peine voilée et c’est tout à fait compréhensible chez les personnes qui vivent dans une économie de subsistance ». 

Mesures. Le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat a fait savoir que « des descentes inopinées ont été menées sur terrain afin de régulariser les ventes. Le ministère effectue des contrôles auprès des marchés avec le concours de la gendarmerie et de la police nationale afin de forcer les marchands à maintenir les prix à la normale » a lancé Rasolofomandimby Fifaliana, directeur de la Protection des consommateurs auprès d’une chaîne de télévision locale, samedi dernier. Gilchrist Rakotoson, directeur du Commerce interne auprès du ministère de tutelle, quant à lui, a fait savoir que « la quantité de stocks de riz disponible actuellement est suffisante pour approvisionner les Malgaches pendant cinq mois ». Avant d’ajouter que « le ministère effectue des descentes inopinées auprès des marchands et marchés du pays afin de contrôler les prix ». De son côté, le ministère de la Santé publique malgache a réquisitionné tous les agents de la santé afin de travailler de concert pour « endiguer la covid-19 ». Outre la réquisition des agents, le ministère a également établi un partenariat avec des établissements hôteliers et plusieurs centres – en plus des hôpitaux et centres de santé de base – dans le cadre du suivi des diverses personnes ayant effectué des déplacements à l’étranger ces quatorze derniers jours. Si les mesures prises par l’Etat s’enchaînent afin de protéger la population, la panique persiste chez les citoyens. Un état d’esprit qui les pousse à aller au-delà de ce est permis au risque de perturber l’ordre que l’Etat se tue à établir depuis quelques semaines. Et l’Etat a pris, prend et continue de prendre ses responsabilités. Il serait peut-être temps que les citoyens prennent aussi les leurs.

José Belalahy 

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