Lutte contre le coronavirus : Toliara en état de siège, complètement isolée

De gauche à droite, le préfet Solondraza, le gouverneur Tovondrainy et le député Siteny, entouré par des responsables des forces de l’ordre.

« Pas un seul cas présentant de symptômes de coronavirus à Toliara » dixit le gouverneur de la Région Atsimo Andrefana ce mercredi 25 mars. D’après le Directeur de Santé, il y aurait des personnes ayant eu des contacts avec des voyageurs venant de l’extérieur. Elles sont isolées en quarantaine chez les Sœurs de Belemboka et d’autres chez eux. Ils sont bien portants, tous suivis de près par un personnel de santé.

Dès le mardi 24 mars, toutes les voitures des directions régionales ont été réquisitionnées. Toutes au service de la lutte contre l’ennemi commun : le coronavirus. Tous les ordres sortent et reviennent au Centre Opérationnel de Commandement (CO), sous la responsabilité du colonel Dera, au sein du Camp Raveloson Mahasampo, 1/RM5. Objectif : même ordre, même information, afin d’éviter tout rumeur. Ce sont les mêmes recherchés depuis le CO d’Antananarivo qui sont traqués ici. Civils et militaires se donnent la main, dans le même combat, contre le même adversaire, une solidarité exemplaire, prête à affronter la plus coriace des épreuves. On croit revivre la vie post-Haruna, cyclone ayant ravagé Toliara en mars 2011. La même effervescence. Une seule différence, on ne voit aucun partenaire technique et financier. 

Un seul leader, le gouverneur Tovondrainy Edally, soutenu par le député Siteny, le préfet Solondraza Arson, le maire Sedison Dédé, et l’encadrement des forces de l’ordre : police, militaire et gendarmerie. Tous les élus et les désignés viennent régulièrement au CO pour résoudre des problèmes de santé, de transport, de prix exagérés, et trouver des solutions adéquates pour atténuer le poids de la crise. Seule la RN7 jusqu’à Antananarivo n’est pas autorisée. Pas de restaurants. Pas de karaoké non plus. Aucune manifestation publique.

Pendant ce temps, la vie de tous les jours continue. Le marché est aussi bondé. Les banques reçoivent des clients mais un par un, si bien qu’une longue queue interminable est présente dehors. De même pour les pharmacies, mais dans une moindre mesure. Il n’y a que les écoles qui sont totalement désertées. Les enseignants des écoles privées se demandent s’ils seront payés car personne n’a payé d’écolage courant mars. Les gens sont conscients de la « dangereuse maladie, mais que faire » dit Tsipy, 25 ans, mère de deux enfants. « Il faut bien travailler, en attendant l’aide annoncée par le président. »

Charles RAZA

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