Approvisionnements pour le confinement : Vers une surconsommation de PPN dans la capitale

La majeure partie de la population malgache n’est pas habituée à faire des provisions pour une longue période. Les commerçants de produits de première nécessité (PPN) notent une tendance à la surconsommation, depuis l’application du confinement partiel.

Les détaillants qui ouvrent le matin dans la capitale enregistrent une hausse de leur chiffre d’affaires.

L’annonce officielle de l’arrivée de la pandémie du Covid-19 à Madagascar a complètement modifié les comportements des consommateurs, notamment ceux d’Antananarivo. Même en zone rurale et en périphérie, les ménages ont désormais tendance à faire des provisions et à acheter des produits qu’ils n’achètent habituellement qu’en période de fête. Il s’agit d’une tendance générale sur la zone, selon notre source opérant dans le commerce de détails, du côté de Sabotsy Namehana. « Au début du confinement, des habitants qui viennent des milieux ruraux sont venus en masse pour s’approvisionner ici, comme ils le font souvent, en période de fête. Outre les PPN, ils achètent également des produits de boulangerie, du jus gazeux, etc. comme s’ils allaient préparer un pique-nique. C’est dire que l’arrivée de cette pandémie à Madagascar est un événement sans précédent, mais la population ne se rend pas compte que le confinement est une question de survie », a fait remarquer le commerçant. 

Tendance. En milieu urbain, ce comportement est également visible, mais sous une autre forme. Dès le début de la période de confinement partiel, tous les automobilistes se sont rués vers les stations-service pour faire le plein de carburant. Il fallait faire la queue. Mais la situation est très vite revenue à la normale, dès que tout le monde a été servi. Ce qui n’est pas le cas pour les produits alimentaires. Tout comme en périphérie, les détaillants de la ville d’Antananarivo enregistrent également une hausse continue de la consommation. Fara, une mère de famille, nous explique son cas qui confirme une surconsommation. « En effet, dès que les mesures de confinement ont été annoncées, nous avons décidé de nous approvisionner en PPN et surtout en produits alimentaires, pour assurer notre subsistance, au moins jusqu’au 4 avril. Alors qu’en temps normal, mon travail est assez dur et prenant, comme je n’ai pas beaucoup de choses à faire à la maison, je suis tentée d’expérimenter toute sorte de recette culinaire. Ma famille de son côté aime bien manger. De ce fait, nous sommes obligés de nous réapprovisionner au bout de quelques jours. C’est la troisième fois pour nous. Ce n’est pas grave, parce qu’au moins on est en famille. Mais je m’inquiète un peu, car on ne sait pas jusqu’à quand ce confinement sera maintenu », nous a-t-elle confié. En bref, ce ménage a consommé en quelques jours une grande partie des provisions qui devaient lui suffir en temps normal pour deux semaines. Certes, rester en famille à la maison favorise l’augmentation de la consommation, mais étant en début de période de crise, les incertitudes s’amplifient davantage, en corrélation avec cette hausse continue de la consommation chez la classe moyenne. 

Antsa R.

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