Confinement à Antananarivo : Les petites ruelles toujours aussi animées

Partie de foot ce matin pour ces adolescents peu disposés à rester confinés !

Confinement jour 8. Les artères de la ville et les grands marchés d’Antananarivo, ainsi que les rues principales sont maintenant quasiment déserts. Mais derrière, le confinement semble être un vain mot pour les habitants de certains quartiers, et les consignes données à la radio et à la télévision ne semblent pas avoir d’effets sur eux. Dans certaines zones à forte concentration populaire, en effet, la promiscuité reste quasiment inchangée dans la journée : parties de foot dans les ruelles pour les gamins et les ados ; séances de regroupements sans raison apparente ; bref, les ruelles continuent d’être fréquentées comme avant, ou presque. Seules les devantures des épiceries ferment peu après l’heure indiquée : midi. L’épicier, lui, reste accessible en toquant à la porte pour demander un peu de sucre, de l’huile et autres PPN, ou des cigarettes ! Les bars sont ouverts clandestinement, les salles de jeux vidéo aussi : devantures fermées, mais présence de clients bien… confinés à l’intérieur. Ce n’est qu’à la nuit tombée, et jusqu’à la fin du couvre-feu que les ruelles se vident complètement. Dépités, les quelques voisins qui, eux, suivent les consignes de confinement, hésitent à les rappeler aux récalcitrants. « Ces gens sont inconscients, mais on sait aussi qu’ils n’écoutent pas la radio et ne regardent pas la télé puisqu’ils n’en possèdent pas. Ils ont encore moins accès aux réseaux sociaux, alors comment voulez-vous qu’ils soient au courant de ce qu’il en est vraiment, ou qu’ils soient conscients du danger ? », s’indigne cet habitant d’Anosibe. « Leurs seules sources d’information, ce sont les passants dans la rue. Cette histoire de coronavirus, ils en entendent parler, mais ils ne se sentent pas du tout concernés. Ils se sentent en bonne santé et cela leur suffit »

La présence policière est bien visible durant la journée dans les rues principales, aux grands carrefours, et au niveau de toutes les sorties de la capitale. Elle l’est beaucoup moins dans les petites ruelles de certains quartiers populaires où des habitants restent exposés au danger de la contamination… Si jamais un seul porteur du coronavirus, sans forcément le savoir, venait à y circuler et côtoyer d’autres personnes sans tenir compte de la distanciation sociale.  

Hanitra R.

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