Inexistence de politique migratoire : Les aires protégées du pays en pâtissent

L’aire protégée de Menabe Antimena connaît actuellement une difficulté de gestion à cause d’importants flux migratoires.

Des habitants du grand sud fuient la précarité ambiante qui y règne vers des zones comme les aires protégées de Menabe Antimena ou Ankarafantsika à la recherche de meilleures conditions de vie. Une situation attribuée à l’inexistence de politique de développement pour le Grand Sud du pays, considérée comme cause première.

« L’inexistence de politique migratoire ainsi que l’absence de politique de développement du Grand Sud depuis des années ont des impacts néfastes sur la gestion des aires protégées du pays ». Ce sont là les propos de Vahinala Raharinirina, ministre de l’Environnement et du développement durable lors d’une rencontre avec les gestionnaires des aires protégées organisée à Ambatobe il y a de cela une semaine. Propos qui interpellent sur les dangers qui planent sur les richesses en biodiversité du pays mais surtout sur les conséquences des flux migratoires – non maîtrisés – sur la gestion desdites aires. « La gestion des aires protégées est d’autant plus difficile actuellement à cause d’importants flux migratoires », a lancé la ministre. Avant de noter que « les migrants viennent surtout du Grand Sud du pays à cause de la situation de précarité qui y règne pour rejoindre les aires protégées comme Menabe Antimena ou encore Ankarafantsika ». Une situation tant décriée par les médias nationaux mais dont les solutions semblent encore être loin. L’entretien avec Vahinala Raharinirina a également permis de connaître que la situation trouve son origine dans le Grand Sud du pays. « Nos aires protégées souffrent actuellement à cause de l’inexistence de politique de développement de cette partie du pays », renchérit la ministre Vahinala Raharinirina.

Parias. Des Malgaches fuient donc le Sud du pays à cause de la situation d’extrême pauvreté ambiante pour rejoindre des régions où la nature offre diverses richesses à exploiter. Et ce serait là que réside le souci. « Les migrants sont victimes de l’inexistence de politique d’accueil. Ils sont souvent rejetés par la communauté hôte. Ils n’ont donc comme solution que de se réfugier dans les aires protégées où ils peuvent vivre des ressources naturelles », explique la ministre de l’Environnement et du développement durable. L’exploitation des ressources naturelles dans les aires protégées par les migrants est souvent problématique dans la mesure où les arrivants pratiquent la culture sur brûlis. « Ne disposant pas de technologie et de techniques agricoles pouvant garantir leur survie, les Malgaches qui quittent leurs régions du Sud brûlent les forêts pour les convertir en terres agricoles », a fait savoir le conseiller technique d’une ONG oeuvrant dans le développement local de la région Boeny. Pour y faire face, Vahinala Raharinirina interpelle sur l’importance de « mettre en place une synergie des efforts des acteurs ». Notamment, l’importance de l’approche interministérielle dans la recherche de solutions efficientes contre la destruction de l’environnement dans le pays, étant donné le caractère transversal de l’environnement. Avec la non maîtrise des flux migratoires, des milliers d’hectares de forêts partent en fumée un peu partout dans le pays. Interrogé sur cette question, le ministère de la Population nous a réorienté vers le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation. Contacté, un responsable de ce département nous a fait comprendre « n’être pas en droit de répondre à nos questions ».

José Belalahy

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