Demandes de cercueils Les commandes ont triplé à Tana : Passées de deux à sept commandes par semaine

Les commandes de cercueils auraient triplé depuis la période de propagation du Covid-19 dans la capitale. Les prix vont de 90 000 Ar pour les produits les plus simples à 350. 000 Ariary pour ceux fabriqués avec du bois dur.

Des ateliers de fortune, sur le trottoir du côté Andrefan’ambohijanahary, produisent et vendent des cercueils en bois pour une partie de la population tananarivienne. Leur proximité aux deux centres hospitaliers universitaires : l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona et l’hôpital de Befelatanana, ainsi que de la maternité du même nom leur confère un certain avantage par rapport aux autres ateliers (de fortune) ou menuiseries éparpillés dans les quartiers de la Ville des Mille comme Andravoahangy, Anosibe, Namontana ou encore Isotry. Avec les pertes humaines causées par le Covid-19, les responsables de ces ateliers sont unanimes sur une chose, « les commandes ont connu une hausse depuis la propagation du Covid-19 ». Justin R, responsable d’un des ateliers d’Andrefan’Ambohijanahary nous livre ses constats. « La propagation du Covid-19 a un lien avec la hausse des demandes. En effet, les commandes étaient de deux cercueils en bois la semaine auparavant. Depuis la crise, le chiffre est passé à cinq, voir à sept », note notre interlocuteur. Hery R, un autre menuisier du même quartier fait quant à lui savoir : « il y a eu des jours où j’ai reçu trois à quatre commandes dans une journée ». Côté prix, les fabricants avancent « une variation en fonction des bois utilisés et des tailles ». Ainsi selon Justin R : « les cercueils fabriqués en bois de pin se vendent à 90 000 Ar. Le prix peut aller jusqu’à 350 000 Ar lorsque les familles des personnes décédées veulent du bois dur ». Il conviendrait de noter que des ateliers de menuiserie situés dans le quartier d’Andrefan’Ambohijanahary proposent également des services de fabrication de cercueils en bois.

Concurrence. Interrogé sur la moyenne des commandes reçues, nos sources affirment « ne pas avoir de chiffres exactes ». « Notre quartier n’est pas le seul où l’on peut trouver des menuisiers fabricants de cercueils en bois à Antananarivo. Nous jouissons, certes, de la proximité avec les hôpitaux, mais il y a des gens qui préfèrent aller ailleurs. Ce qui fait que les chiffres varient », ajoute Hery R. Il y aurait également les organisations auprès des églises qui permettent à des familles de disposer de cercueils. « Les gens effectuent les commandes en fonction de leurs situations. Il se peut qu’ils choisissent les menuisiers des autres quartiers qui leur proposent de meilleurs prix », renchérit Justin R. L’entretien avec les deux fabricants de cercueils en bois a par ailleurs, permis d’avoir une idée sur une « certaine organisation qui s’opère auprès des hôpitaux en ces temps de crise sanitaire ». « Des personnes travaillant à la morgue de l’hôpital Befelatanana s’occupent des commandes de cercueils pour les familles des personnes qui ont succombé au Covid-19. Ces familles attendent juste la livraison des cercueils », note Justin R. Une organisation qui aurait été mise en place compte tenu du fait que « les familles des personnes qui ont péri ne peuvent faire grand-chose une fois le décès déclaré ». Avec sept commandes la semaine, et en hausse perpétuelle, la fabrication de cercueils ne semble pas trop souffrir de la crise.

José Belalahy

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