Divertissement en période de Covid-19 : 70,1 % des jeunes disent ne pas avoir pratiqué de loisirs

(Photo d’archives)

Selon les résultats de l’enquête menée par l’UNFPA du 25 avril au 27 mai 2020 afin de déterminer les impacts du Covid-19 sur la situation des jeunes malagasy, 70,1 % des jeunes âgés de 15 à 35 ans ont avoué ne pas avoir eu de divertissement durant la crise sanitaire. 

Une majorité de jeunes s’est ennuyée durant la crise sanitaire due au Covid-19. Pas de sport, pas de loisirs, et plus de tâches ménagères : les principaux ingrédients pour plomber le moral durant une période où l’isolation était fortement préconisée. Et même si sur les 127 personnes interrogées par l’UNFPA, 58,3 % ont déclaré avoir lancé de nouvelles activités lucratives, 43,3 % ont appris de nouvelles choses, 11,8 % n’ont pratiquement rien fait ,que ce soit en ligne ou en présentiel durant le confinement.

Internet. Les experts suggèrent dans le rapport de l’enquête l’utilisation d’Internet pour le bien-être et le développement personnel. Une belle idée, mais qui reste très difficile à appliquer pour la simple raison que l’accès à Internet demeure très limité pour les jeunes de la Grande Île. Certes, de plus en plus de malgaches parviennent à se connecter sur Facebook, mais cette connexion est encore très limitée car elle coûte relativement chère. En effet, le contraste entre le revenu mensuel d’une famille moyenne et le montant de la facture reste trop élevé pour se permettre un tel plaisir. Et encore, une connexion internet avec un volume de données tournant aux alentours de 50 Go par mois, vaut le salaire mensuel d’une grande partie des travailleurs malagasy. Ce qui fait que cette solution n’est pas encore envisageable dans la situation actuelle.

Manque d’argent. Toujours dans les résultats de cette enquête, le manque d’argent figurait en tête de liste des problèmes les plus évoqués par les jeunes durant la crise sanitaire. Baisse du revenu ou perte d’emploi en seraient la principale raison. Ceci s’est surtout fait ressentir auprès des personnes qui exercent dans la profession libérale si l’on se réfère aux profils interrogés par l’UNFPA. Après, la fermeture des espaces de loisirs ou de sports a aussi joué un grand rôle dans l’inconfort des adolescents et des jeunes durant le confinement. Rappelons qu’en temps normal, les enfants malagasy aiment sortir, se regrouper dans des jardins ou lieux publics, ne serait-ce que pour prendre l’air ou des selfies. Aussi, quand cela n’a plus été possible, beaucoup se sont retrouvés face au vide coincé entre quatre murs.

Mais ce manque d’infrastructures et d’espaces de loisirs pour la jeunesse ne date pas de la période Covid-19. L’insécurité grandissante dans certaines villes représente un frein pour les activités ludiques à la fois pour les jeunes et pour les adultes. Néanmoins, un effort d’urbanisation est déjà en cours depuis peu. Il ne reste plus que le renforcement de la sécurité et de l’éducation pour accompagner les diverses constructions projetées par l’Etat, et nos enfants pourront à nouveau jouir d’un milieu favorable au développement personnel.

Anja RANDRIAMAHEFA

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