Personnes handicapées : Illégitimement oubliées

Un des journalistes venus participer au séminaire de Humanity & Inclusion et Wish2Action. (Crédit photo : Anja)

A l’heure où le pays célèbre le mois de la santé mentale, les personnes handicapées et celles en situation de handicap ne bénéficient toujours pas d’un environnement favorable à leurs conforts et à leur développement personnel à Madagascar.

Les harcèlements, les insultes, et le rejet sont monnaie courante pour les personnes handicapées. Une situation des plus désagréables pour des personnes qui n’ont pas cherché à être ce qu’elles sont. « Les stéréotypes n’en finissent pas. Dans la presse, une personne en situation de handicap qui réussit dans la vie est traitée comme une personne incroyable ; avec toujours cette tendance à mettre au devant de la scène le handicap plutôt que la personne. Même chose en ce qui concerne les terminologies blessantes utilisées pour appeler la personne handicapée », nous a avancé Josoa Robinson RADAFINIANTSOA, directeur exécutif de la Fédération des personnes handicapées (FPH) lors d’un séminaire portant sur l’accès des personnes en situation de handicap aux services de santé sexuelle et reproductive à Madagascar. L’événement a été organisé par Wish2Action et Humanity & Inclusion le 16 octobre 2020.

Où sont les infrastructures ? Force est de constater que l’aménagement du territoire n’a daigné penser aux personnes handicapées. Pour prendre l’exemple de la Capitale, tout est permis, mais tout complique le quotidien et la mobilité des personnes souffrant d’un handicap. Le déplacement en ville d’une personne avec un handicap visuel est particulièrement éprouvant. « Une fois, j’ai renversé l’étal d’un marchand de rue parce que les personnes aveugles utilisent des cannes blanches pour les aider à se déplacer. Le monsieur était furieux et m’a menacé », a raconté le directeur exécutif de la FPH. Les nids de poule, les voitures garées sur les trottoirs, les marchands de rue, les bruits assourdissants en ville représentent autant d’entraves pour une personne qui souffre d’une déficience visuelle, auditive ou autres. Dans un centre médical à Anosibe, ceux qui y sont déjà passés ont pu constater une pente très raide difficile à passer pour une chaise roulante. Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres car en vérité, la société malgache n’accorde encore aucune importance aux conforts de ces personnes, alors que le pays a signé la Convention  relatives aux droits des personnes handicapées (CDPH), mentionnant que tout le monde jouit du même droit. Mais entre la ratification et l’application, il y a un fossé.

Responsabilités des médias. Dans les médias, c’est à peu près la même situation quand un animateur se contente juste d’un « le numéro de téléphone est déjà affiché à l’écran », ou encore lorsque les journaux parlent des personnes handicapées comme si elles étaient d’une autre espèce. D’ailleurs, à cet effet, le séminaire d’hier a réuni plusieurs représentants des médias locaux qui ont été sensibilisés sur les bases de l’inclusion et du handicap. Ceci pour la simple raison que les initiateurs de cette rencontre estiment que les médias ont une grande influence sur la société  et peuvent permettre un changement de comportement autour du handicap.

Anja RANDRIAMAHEFA

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