Pour cause de Covid-19 : 4 mois de scolarité perdus et des impacts difficiles à rattraper

Pour la majorité des écoles privées à Madagascar qui ont débuté la nouvelle année scolaire en septembre 2020, les deux premiers mois ont été consacrés au rattrapage du programme scolaire inachevé de l’année 2019-2020. Difficile, cependant, de s’assurer que les mois de scolarité perdus pour cause de pandémie de Covid-19, allaient être véritablement rattrapés.

 Selon les conclusions d’un rapport de l’UNESCO, l’UNICEF et la Banque mondiale publié, hier, les enfants des pays les plus pauvres ont perdu près de quatre mois de scolarité depuis le début de la pandémie de Covid-19, contre six semaines dans les pays à revenu élevé. A Madagascar, les impacts des nombreux mois d’arrêt de l’école ne sont pas moindres car seulement une petite partie des élèves ont eu accès à l’enseignement à distance. Les élèves entament une nouvelle année scolaire avec un certain handicap, sinon un handicap certain.

Le nouveau rapport des organismes cités plus haut, se penche en particulier sur les enseignements perdus, le soutien scolaire à distance, les plans pour la réouverture des écoles, les protocoles sanitaires, et les financements.

Plus de 6 millions d’élèves. A Madagascar, plus de 6 millions d’élèves et plus de 244 000 enseignants sont concernés par la fermeture des écoles, tous niveaux confondus. Plus de      900 000 enfants des écoles maternelles, 3,6 millions d’élèves du primaire, 1,5 million d’élèves du secondaire et 140 000 étudiants des établissements d’enseignement supérieur (soit plus de 6 millions d’élèves et d’étudiants), ont été touchés par les fermetures des établissements depuis fin mars. L’impact à long terme des mois de scolarité et de nutrition perdus sera particulièrement grave pour les enfants des familles pauvres. Faut-il rappeler que pour de nombreux élèves dans cette situation, la fermeture de l’école ne signifie non seulement l’arrêt de l’apprentissage, mais également l’arrêt de l’accès à la cantine scolaire, laquelle leur fournit le seul repas équilibré de la journée lorsqu’il y a école. Les enfants vulnérables et marginalisés risquent alors de quitter définitivement le système scolaire. Pourtant, la situation n’était guère mieux avant la pandémie, car il a déjà été observé une crise d’apprentissage.

Enseignement à distance. Le rapport de l’UNESCO, de l’UNICEF et de la Banque mondiale, réunissant les conclusions d’enquêtes menées dans 150 pays entre juin et octobre 2020, livre des conclusions sans équivoque. Les élèves des pays à revenu faible et intermédiaire ont eu moins de chances d’accéder à l’enseignement à distance, et moins de chances de bénéficier d’un suivi sur les enseignements perdus. Ils ont également le plus de risques de subir des retards dans la réouverture de leur école et le plus de risques de fréquenter des écoles aux ressources inadaptées pour garantir un fonctionnement sûr. Il faut savoir que si plus des deux tiers des pays ont totalement ou partiellement rouvert leurs écoles, un quart d’entre eux, pour la plupart de pays à revenu faible et intermédiaire, ne sont pas parvenus à respecter leur date de réouverture prévue ou n’ont pas encore fixé de date de réouverture.

Financement réduit. La réduction du budget national consacré à l’éducation, figure également parmi les impacts de la pandémie.

Sur 79 pays ayant fourni des données sur le financement, près de 40 % des pays à revenu faible et intermédiaire sont concernés par cette réduction budgétaire. Dans le rapport, la moitié des pays à revenu faible ont indiqué ne pas disposer de fonds suffisants pour mettre en œuvre des mesures de sécurité comme des installations pour le lavage des mains, des mesures d’éloignement physique et des équipements de protection pour les élèves et les enseignants. Dans les pays à revenu élevé, ce pourcentage est de seulement 5 %. Signalons, enfin, que la quasi-totalité des pays a intégré l’enseignement à distance dans la riposte éducative : plateformes en ligne, programmes de télévision ou de radio, et kits à utiliser à domicile, ont été proposés, tandis que dans 9 pays sur 10, l’accès à l’enseignement en ligne a été facilité, à l’aide de téléphones mobiles ou en proposant un accès à Internet subventionné ou gratuit, mais la couverture de cet accès était extrêmement variée.

Recueillis par Hanitra R.

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