Pauvreté : 67,6% des enfants malgaches privés du « minimum vital »

Les enfants sont plus durement atteints par la pauvreté ces derniers mois.

La pauvreté s’est accrue avec la crise sanitaire : 1,3 million supplémentaire d’enfants risquent de tomber dans la pauvreté d’ici la fin de l’année, selon des simulations de l’UNICEF.

 

Une analyse des privations des enfants dans de nombreux domaines à Madagascar, a fait conclu que 67,6% des enfants sont touchés par la pauvreté dite multidimensionnelle.

L’analyse tient compte de plusieurs dimensions de la pauvreté : la santé, la nutrition, l’éducation, l’eau et l’assainissement, l’habitat et la communication. Un enfant est alors considéré comme touché par la pauvreté multidimensionnelle s’il souffre de privations matérielles dans au moins deux dimensions. Il ressort de cette analyse que plus de deux enfants malgaches sur trois se retrouvent dans cette catégorie, et souffrent de privations matérielles dans au moins deux dimensions différentes, tandis que 23,7% des enfants sont en situation de pauvreté extrême.

Cette étude est précisément une analyse des Chevauchements des Privations Multiples des enfants ou MODA (Multidimensional Overlapping Deprivation Analysis), développée par l’UNICEF. La méthodologie MODA consiste à prendre l’enfant- et non le ménage – comme unité d’analyse et met l’accent sur le bien-être des enfants.

 

Privations simultanées. En allant plus en profondeur, l’étude montre que la proportion d’enfants pauvres est plus élevée dans le les parties Sud et Ouest du pays, alors que le plateau central et le Nord-Est, enregistrent les taux de pauvreté les plus bas. A titre d’exemple, dans les régions Atsimo Andrefana et Ihorombe, respectivement 49,3% et 49,1% (soit près de la moitié des enfants) souffrent de privations matérielles dans au moins 4 dimensions de bien-être, contre moins de 5% à Analamanga. Par ailleurs, l’étude indique que le taux de pauvreté extrême est plus de deux fois plus élevé en milieu rural (27%) qu’en milieu urbain (13%).

Cette analyse, évaluant les privations matérielles et le bien-être des enfants en général, se penche également sur les privations simultanées. A titre d’exemple, un enfant malnutri et qui, en même temps, vit loin d’un centre de santé, sera moins à même de faire face à une maladie.

L’étude montre par ailleurs que les enfants cumulant plusieurs facteurs de vulnérabilité sont particulièrement susceptibles d’être pauvres. L’étude indique alors que le taux de pauvreté extrême est presque 7 fois plus élevé chez les enfants vivant dans des ménages dirigés par des femmes sans éducation et non-chrétiennes en milieu rural (53,4%), que chez les enfants ne présentant aucune de ces caractéristiques (7,4%).

 

Référence. Cette analyse servira de ligne de référence pour le suivi de l’indicateur sur la pauvreté des enfants à Madagascar. Madagascar pourra, pour la première fois, prioriser les plus pauvres dans les interventions programmatiques, souligne l’UNICEF. En effet, outre la connaissance du nombre d’enfants souffrant de différentes privations, il est également important de savoir si ce sont les mêmes enfants qui souffrent des différentes privations et réorienter ainsi les priorités stratégiques du développement. « Nous pensons qu’une information précise et actualisée sur les indicateurs de développement est la première étape de toute stratégie réussie, et donc l’objectif essentiel de ce rapport d’analyse », a affirmé Michel Saint-Lot, représentant de l’UNICEF à Madagascar, à l’occasion de la présentation des résultats de l’étude. Pour sa part, le directeur général de l’INSTAT, Laurent Ampilahy, a expliqué que les indicateurs seront mis à jour, à chaque fois que les opportunités de le faire se présenteront, afin de disposer de données pour le suivi des progrès vers l’atteinte de l’ODD 1, relatif à la pauvreté sous différentes formes.

Cette analyse, dont les principaux résultats ont été présentés, mardi dernier, implique le gouvernement malgache en collaboration avec l’UNICEF, et a été réalisée conjointement avec l’Institut National de la Statistique (INSTAT). Notons que l’étude a été réalisée depuis le mois de janvier à travers les données de l’Enquête nationale sur la situation sociodémographique des ménages (MICS-6) de Madagascar.

Hanitra R.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. que font les autorités pour lutter contre la pauvreté ???? des études, des colloques, des réunions, des sondages, des comparaisons… ….il faut bien justifier de leur gras revenu…les miséreux vous remercient bien bas…

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