Emploi et formation professionnelle : Une politique à revoir impérativement

Seulement un nouveau venu sur le marché du travail sur douze a la
possibilité de trouver un emploi dans le secteur privé formel (Banque Mondiale, 2020).

La loi portant politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle date de 2015. Les contextes nationaux et internationaux ont changé depuis.

Instabilité. C’est ce qui pourrait définir le mieux la situation de l’emploi et de la formation professionnelle à Madagascar lorsqu’on lit une note aux médias signée par l’Organisation internationale du Travail et le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique et des Lois sociales. En effet, si la politique portant sur les deux domaines – la loi n°2015-040 ou PNEFP – a été adoptée en 2015, le plan de mise en œuvre quant à lui a été validé en 2016. Un plan qui devait permettre l’application de ladite politique. Du moins, sur papier car, la « réalisation de la majorité des chantiers inscrits dans le plan de mise en œuvre ainsi que dans la politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle a été bouleversée » si l’on s’en tient au document publié le 10 novembre dernier. « Les changements institutionnels entre la période de 2016 à 2020 ainsi que leurs conséquences en termes de continuité et de capacités » sont avancées comme l’une des causes de la perturbation. Comme changement institutionnel, le document prend l’exemple de la gouvernance de l’emploi. « Celle-ci a été assurée par deux ministères différents entre la période de 2015-2018 », fait savoir la note aux médias. Ce dernier avance également une autre cause ayant freiné l’application de la PNEFP en faisant savoir que « la mise en œuvre de la PNEFP n’a pas bénéficié d’une allocation budgétaire appropriée pour soutenir suffisamment les objectifs et les programmations ambitieux ».

Mise à jour. Le ministère de l’emploi entend changer la donne afin « d’être en mesure de répondre efficacement aux enjeux, d’une part de la croissance inclusive et durable soutenue par l’emploi décent, et d’autre part de la justice sociale », peut-on lire dans la note aux médias. L’organisation d’une réunion par le ministère de tutelle avec l’appui de l’OIT le 10 novembre dernier rentrerait dans le cadre de cette volonté de renouveau. Des spécialistes en emploi de l’OIT Genève, du Bureau de l’OIT de Prétoria et Antananarivo ont apporté leurs expertises afin de former et d’informer une trentaine de représentants constitués par les entités publiques, privées et associatives du ministère du travail, des ministères sectoriels, des organismes d’appui, des organisations d’employeurs et des travailleurs ainsi que de la société civile sur le processus de formulation et de mise en œuvre de la nouvelle génération de politique de l’emploi. Une approche justifiée selon le ministère de l’Emploi.

José Belalahy

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