Accès aux installations d’assainissement : Madagascar toujours en queue de peloton

A Madagascar, 4 personnes sur 5 n’ont pas accès à un service d’assainissement de base adéquat, tandis que 4 personnes sur 10 pratiquent la défécation en plein air. Par ailleurs, au moins 38% des écoles manquent de toilettes.

La question de l’assainissement et de l’hygiène, déjà à la traîne à Madagascar, s’aggrave à cause du changement climatique. Hier, 19 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, placée cette année sous le thème « Assainissement durable et Changement climatique », l’ONG WaterAid a publié un rapport mondial sur l’impact du changement climatique sur la crise de l’assainissement. Un gros plan sur Madagascar y indique la situation locale en matière d’assainissement. Le pays y apparaît en queue de peloton en matière d’accès aux installations d’assainissement de base, notamment les toilettes décentes. En effet, Madagascar a l’un des taux les plus bas au monde (sur 181 pays) : seulement 11% de la population (environ 2,5 millions de personnes) ont accès à au moins une installation d’assainissement de base. Un taux qui aligne la Grande île au même niveau que le Soudan du Sud (11%). Seuls le Tchad et l’Ethiopie affichent un taux moindre, respectivement 8% et 7%. A l’opposé, des pays comme la Malaisie, la Nouvelle Calédonie ou encore la Martinique, ont un taux d’accès de plus de 99%. Il en est de même pour de nombreux autres pays, notamment d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique du Nord (Libye ; Qatar ; Norvège ; Portugal ; Pologne ; Suisse, Suède, France, Allemagne, Australie, Etats-Unis, Canada, etc…).

 Budget et plans climatiques. La situation à Madagascar est également aggravée par les impacts du changement climatique. Le pays subit fréquemment des phénomènes météorologiques extrêmes dus au changement climatique. L’élévation constante du niveau de la mer a entraîné de graves inondations au cours des dernières années, avec des conséquences importantes sur les systèmes d’assainissement (telle la contamination des rivières et de l’eau utilisées par les communautés lors des pluies diluviennes) ainsi que sur le secteur du tourisme et de ce fait, indirectement, sur le développement économique. Par ailleurs, la situation classe Madagascar parmi ceux ayant les indicateurs de santé directement liés au manque d’accès à l’assainissement et à l’hygiène. Le pays observe manifestement un manque de priorisation de la construction de toilettes par les ménages et pour les villes. L’ONG WaterAid de renforcer alors son appel à l’endroit des gouvernants afin d’augmenter le budget pour l’assainissement et d’intégrer l’assainissement dans les plans climatiques.

Répercussions. « Toute personne, où qu’elle se trouve, a le droit de bénéficier de services d’assainissement sûrs et accessibles », souligne le rapport de WaterAid. L’accès à ces services est pourtant loin d’être universel et le changement climatique vient aggraver la situation dans bien des pays. Encore deux milliards de personnes vivent dans des logements sans toilettes décentes. « Le manque d’accès à des toilettes décentes a des répercussions directes sur la santé, l’éducation et les moyens de subsistance de milliards de personnes dans le monde entier. Certains groupes souffrent particulièrement de l’absence ou du mauvais état des installations d’assainissement. C’est le cas des femmes et des filles, qui sont touchées de manière disproportionnée par la crise de l’assainissement. Sans toilettes décentes chez elles ou à l’école, il leur est en effet extrêmement difficile d’exercer leur droit à gérer leur hygiène menstruelle dans la dignité et l’intimité », indique toujours le rapport. Ces éléments observés dans certains pays font également partie des réalités vécues dans de nombreuses localités à Madagascar. Il urge, pour le pays, de changer le fusil d’épaule afin de remédier enfin à une situation longtemps restée désastreuse.

Hanitra R.

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