Changement climatique : Quasi permanence du Tiomena dans le Sud

Les effets du changement climatique se font ressentir dans beaucoup de régions de Madagascar, surtout dans le Sud.
« Selon les informations que j’ai recueillies, l’apparition du premier Tiomena date de l’année 1991. Aujourd’hui, c’est presque une habitude pour la population d’Ambovombe de vivre le phénomène. Ce sont là les propos d’un habitant du district d’Ambovombe, qui a préféré taire son nom, qui donnent un aperçu sur le phénomène Tiomena dans le Sud. Notre source de noter que « la première apparition du phénomène remonte à l’année 1991 ». Avant de déplorer « c’est la première fois depuis cette année que l’on observe ce phénomène et il persiste dans l’Androy». En effet, selon les explications de l’habitant d’Ambovombe, le phénomène apparaît lorsque les dunes sont déplacées et laissent apparaître les sols latéritiques. Ces derniers sont ensuite transportés par le vent d’Alizé vers les communes et districts de l’Androy. « Un phénomène qui se produit lorsque les vents atteignent une vitesse de 60km/h », d’après toujours les explications de notre source. La donne aurait changé car les Tiomena qui se produisent actuellement dans plusieurs communes de l’Androy se formeraient avec « des vents de 25 à 30 km/h ».

Kere. L’entretien avec notre source a également permis de découvrir que le phénomène a des liens avec la situation de Kere dans le Sud. Pour abreuver leurs bétails, et face à la raréfaction des Raketa et, par conséquent, de l’eau, la population de l’Androy se serait tournée vers le sisal. « Les gens déracinent les sisals pour donner le cœur à leurs bétails. Nous sommes actuellement au quatrième mois de la sécheresse et des centaines de milliers de plantes de sisal ont été déracinés », déplore notre source. Ce qui causerait une dégradation du sol. Dégradé, le sol latéritique serait facilement emporté par l’Alizé, causant ensuite des micro-tempêtes de sables dans les communes de l’Androy. La situation causerait de néfastes dégâts sur l’agriculture et l’élevage. « L’on constate des maladies respiratoires aussi bien chez la population que chez les bétails », interpelle notre source. Cette dernière d’attribuer la cause de la maladie aux microparticules transportés par le Tiomena. Celui-ci persisterait dans l’Androy et ne devrait prendre fin qu’avec la clôture de la saison cyclonique 2020-2021. Du jamais-vu pour Androy.

José Belalahy

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