Education inclusive : Nécessaire réduction de la fracture numérique

L’éducation inclusive a encore beaucoup de chemin à faire à Madagascar.

La période de confinement qui a entraîné la fermeture des écoles a mis à nu les conséquences du fossé numérique qui existe dans la Grande Île. Le domaine de l’éducation en constituerait une parfaite illustration.

Des enfants de certains ménages ont pu maintenir leur niveau de scolarité et ce, grâce à l’enseignement à distance. Une capacité qui était uniquement conférée à un certain type de ménages malgaches qui peuvent envoyer leurs enfants dans un type particulier d’établissement scolaire. Ce qui n’est pas le cas pour tous les Malgaches car à l’instar de millions d’enfants dans le monde, des élèves du pays n’ont pas pu accéder à ce type d’enseignement faute de moyen financier des parents mais également technique des établissements scolaires. Et pour beaucoup d’entre ces élèves, avoir la chance d’accéder à un enseignement de qualité aurait déjà été un luxe, étant donné le système scolaire existant. En effet, selon les résultats d’enquête de l’Institut National de la Statistique sur les impacts de la COVID-19 sur les conditions de vie des ménages en juin 2020, « seuls 23% des enfants de 7 à 14 ans qui vont à l’école acquièrent une capacité en lecture contre 7% en mathématiques. Réinventer l’éducation et combler la fracture numérique serait primordiale afin que les outils numériques puissent servir à repenser l’éducation». Une priorité soulevée par Henrietta Fore, Directeur général de l’UNICEF dans une lettre ouverte consacrée au monde de l’après Covid-19. « La communauté internationale doit faciliter un relèvement n’excluant personne, qui accorde la priorité aux investissements en faveur des enfants », note-t-elle.

Face-à-face. L’enquête sur les impacts de la Covid-19 sur les conditions de vie des ménages en juin 2020 explique qu’à défaut d’enseignement à distance, « la révision à la maison à partir des anciens exercices et leçons » fait partie des stratégie adoptées par la plupart des ménages malgaches (61%) afin de maintenir le niveau scolaire de leurs enfants durant le confinement. Aussi, les parents auraient également privilégié la piste du « contact direct avec les enseignants ». Les résultats de l’enquête révèlent que « 36,3% des ménages ayant des enfants scolarisés durant la vague avant le confinement sont en contact en permanence avec les enseignants durant la période de confinement, et cela par le biais des entrevues face-à-face ». Ainsi, « près de neuf ménages sur 10 privilégient les entrevues en face-à-face avec les enseignants».

José Belalahy

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