Enseignement supérieur : Besoin urgent d’un recrutement d’enseignants

Avec le vieillissement du corps enseignant de l’enseignement supérieur, le temps est plus qu’opportun pour opérer un recrutement massif.

Le gouvernement a accordé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique cent postes budgétaires pour l’année d’exercice 2021. Un nombre insuffisant selon le milieu compte tenu des besoins en matière de ressources humaines.

 « Il faut un recrutement raisonné et répondant aux besoins spécifiques des départements d’enseignements supérieurs afin de combler les lacunes en matière d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à Madagascar». Ce sont là les propos de Faliarivony Randriamialinoro, président National du SECES ou Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants de Madagascar pour interpeller sur la situation qui prévaut dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique actuellement. Le manque considérable d’enseignants dans les universités du pays a toujours été signalé par les acteurs sans que des solutions pérennes et palpables aient été prises par les responsables étatiques. Selon les explications du président national du Seces, « le rapport enseignant/étudiant est loin des recommandations internationales. En effet, pour ces dernières, il faut un enseignant pour trente étudiants alors qu’à Madagascar l’on compte un enseignant pour cinquante, voire soixante étudiants ». Ce rapport connaîtrait un important écart dans certaines universités si l’on s’en tient toujours à Faliarivony Randriamialinoro. « A l’université de Toamasina, on compte un enseignant pour 150 étudiants », note notre source. Avant de faire savoir que ladite université compte en tout et pour tout «105 enseignants permanents ».

Limités. La situation serait problématique face aux projets de l’État de mettre en place des universités régionales. Comme l’a noté le président national du Seces, « les universités ne se résument pas seulement aux bâtiments, il faut un corps enseignant ». En effet, si les universités croissent en nombre, les enseignants, quant à eux, décroissent. Et avec les pertes occasionnées par la pandémie de Covid-19, le moment serait opportun pour le gouvernement d’attribuer une attention particulière au recrutement de nouveaux enseignants. Un recrutement qui devrait se faire spécifique d’après le président national du Seces qui lance : « il faut combler les vides auprès des départements respectifs. Il conviendrait de cibler les filières qui souffrent le plus du manque d’enseignant et orienter les recrutements en fonction de ces besoins ». Avant de prendre l’exemple de la faculté EGS (Economie, Gestion et Sociologie) de l’Université d’Antananarivo, « cette faculté compte le plus d’étudiants dans tout Madagascar, et elle ne compte que 70 enseignants permanents en tout et pour tout ». L’enseignement supérieur public malgache compterait actuellement entre 30.000 et 40.000 étudiants pour 2.400 enseignants.

José Belalahy

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