Lutte contre la désertification dans l’Androy : 50 Ha de terres cultivables sécurisés et 140 Ha de dunes fixés

Une des réalisations des travaux de fixation des dunes dans l’Androy.

Le monde célèbre, ce jour, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse. Des phénomènes qui concernent Madagascar, notamment la partie Sud du pays où le Tiomena sévit depuis le mois d’octobre 2020.

« Favorisant l’ensablement, le phénomène détruit nos cultures, détruit nos champs et impacte même, de façon négative, les routes nationales ». Propos de Marie Zoéline, mère de famille vivant dans la région Androy qui témoigne des méfaits du phénomène Tiomena qui sévit dans l’Androy depuis le mois d’octobre dernier. Propos qui interpellent également sur l’urgence de mener des actions coordonnées et systémiques afin de protéger la population et accroître leur bien-être. Interrogé sur le pourquoi du comment du phénomène, le Dr Tsimanaoraty Mahatante Paubert, expert en changement climatique et maître de conférence auprès de l’université de Toliara explique que « le Tiomena résulte de la hausse de la température et de la dégradation du sol. Cette dernière est causée par la perte de la couverture végétale, elle-même provoquée par la culture sur brûlis et la coupe ». Le Dr Tsimanaoraty Paubert Mahatante de poursuivre avec les conséquences du phénomène. « Le Tiomena déforme le paysage de l’Androy, favorise l’ensablement des forêts et des routes, assèche la végétation et provoque la baisse des précipitations » déplore-t-il. Propos soutenus par Natasha van Rijn, représentante résidente du PNUD à Madagascar qui note que « le phénomène de Tiomena et spécifiquement la migration des dunes, constitue un fléau qui porte atteinte au développement notamment agricole dans la région Sud ».

Progressive. Face à l’urgence de la situation, le PNUD, en partenariat avec le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère de l’Environnement et du Développement durable, ainsi que le gouvernorat d’Androy ont initié des actions de fixation des dunes le long des côtes des régions Sud du pays. « Jusqu’ici 50 Ha de terres cultivables sont sécurisés et sont de nouveau exploitables grâce à la fixation de 140 Ha de dunes. Mais, il reste beaucoup à faire», fait savoir la représentante résidente du PNUD. Pour ce faire, les parties prenantes ont adopté « une approche progressive afin d’agir à la fois sur le problème d’ensablement et de désertification, et sur l’amélioration des revenus des ménages les plus vulnérables par ces travaux de fixation des dunes ». Une approche qui permettait à chaque travailleur de percevoir «4.700 Ar par journée de travail payés par tranche de 10 jours et une épargne de 3.575 Ar, toujours par journée de travail constituée dans le compte du bénéficiaire pour servir de fonds de démarrage pour une activité génératrice de revenus », précise Natasha van Rijn. Si des efforts sont menés par divers acteurs, le Tiomena continue de sévir dans l’Androy bien que les fréquences sont diminuées selon les populations locales.

José Belalahy

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. peut être aussi EDUQUER parallèlement la population à diversifier leurs consommations alimentaires
    Ex : ne pas vouloir absolument considérer le riz comme alimentation de base
    * les rizières nécessitent énormément de l’eau qui se fait rare
    * les Malgaches n’aiment pas (encore) la pomme de terre
    * ne pas oublier que la pomme de terre a sauvé l’Europe de la FAMINE
    * la pomme de terre a été importé des Amériques , les Européens mangeaient du pain et de l’orge ou du rutabaga en période maigre ….

    De plus la pomme de terre pousse comme du chiendent , partout …

  2. bonne initiative , mais bien assurer le suivi
    ailleurs surveiller et punir IMPITOYABLEMENT ceux qui continuent à faire des feux de brousse qui ravagent tout le pays

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