Malnutrition aiguë globale infantile : Un taux de prévalence de 27% à Ambovombe

Le PAM a besoin de 78,6 millions de dollars pour fournir de la nourriture vitale au cours de la prochaine période de soudure.

L’IPC ou cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire publiée au mois de décembre 2020 prévoyait déjà qu’il y aurait plus d’un million de personnes victimes de la situation d’insécurité alimentaire aiguë élevée cette année 2021.

La situation d’insécurité alimentaire qui prévaut actuellement dans le Sud de Madagascar, plus précisément dans l’Androy, fait couler beaucoup d’encre, surtout auprès de la presse étrangère. Une situation qui a pourtant été signalée par le document sur l’analyse du cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire entre le mois d’octobre 2020 et le mois d’avril 2021. Publié au mois de décembre 2020, ledit document a fait savoir qu’il y aura 1,3 million de personnes victimes d’insécurité aiguë élevée, réparties sur treize districts du Sud et du Grand Sud-Est du pays, cette année. Situation confirmée par le Programme Alimentaire Mondiale qui note, suite au passage de David Beasley son directeur exécutif dans la région Androy, un « taux de prévalence de la malnutrition aiguë globale de 27% chez les enfants de moins de cinq ans dans le district d’Ambovombe ». Un taux « alarmant » qui « reflète le danger que court de nombreux enfants » déplore l’organisme onusien. Ce dernier fait également savoir que « la malnutrition aigüe globale (MAG) chez les enfants de moins de cinq ans à Madagascar a presque doublé au cours des quatre derniers mois, atteignant un taux alarmant de 16,5 pour cent ».

Déficit. Outre le nombre de personnes, ce qui alerte dans le Grand Sud de Madagascar, c’est une sécheresse des plus marquantes enregistrée ces quatre décennies. La situation qui prévaut dans cette partie de la Grande île serait causée par un cumul des effets des sécheresses successives. Comme l’a indiqué un bulletin spécial publié par la Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences, CPGU Primature « la situation urgente est causée par l’aggravation des effets de la sécheresse de l’année précédente par ceux de la sécheresse de l’année actuelle ». Ledit bulletin spécial a, en effet, fait savoir que « la saison agricole 2020//2021 a été caractérisée par de graves déficits pluviométriques pendant le mois d’octobre à janvier ». Une phase de déficit qui a été suivie par « des pluies excédentaires observées à partir du mois de janvier », interpelle le document. Le Sud de Madagascar, qui n’a pas du tout participé à la destruction de l’environnement, se trouve victime des effets du changement climatique. Comme l’a déploré David Beasley « les sécheresses consécutives à Madagascar ont poussé les communautés au bord de la famine. Les familles souffrent et des gens meurent déjà de faim sévère. Ce n’est ni à cause de la guerre ni à cause des conflits, c’est à cause du changement climatique. C’est une région du monde qui n’a en rien contribué au changement climatique, mais maintenant, ce sont eux qui en paient le prix ».

José Belalahy

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