Centre Vonjy Taolagnaro : 49 doléances enregistrées depuis 2020

Prudence Rafaliarison, DRPPSPF Anosy et Dr Hoby Tantelinirimiarana médecin-chef du CHRR Philbert Tsiranana à Taolagnaro.

Opérationnel depuis 4 février 2020, le Centre Vonjy dans le Centre hospitalier de référence régionale Philbert Tsiranana (CHRR) de Taolagnaro a enregistré exactement 49 enfants dans leur base de données entre 3 et 17 ans victimes de violences sexuelles. La pratique ancrée au niveau de la société entraîne la difficulté de leur mission.

La fillette de 6 ans qui a été victime d’un viol en mars 2020 aurait besoin d’une deuxième évacuation à Antananarivo pour y être opérée. Elle a fait une rechute à cause de ses graves blessures et pas plus tard que le mois dernier, elle a été de nouveau hospitalisée à la crèche du Centre Vonjy dans le CHRR Philbert Tsiranana à Taolagnaro. C’est le cas le plus délicat parmi les 49 recensés depuis février 2020. Selon les explications du docteur Hoby Tantelinirimiarana, médecin-chef de l’établissement, une grande partie du budget de fonctionnement du centre a été dépensée pour les soins de cette patiente. En effet, 94 % de ces cas se révèlent être des agressions sexuelles dont 10 grossesses non désirées suite à un viol. Les auteurs ne sont autres que des personnes de leur entourage et la plupart d’entre eux sont des adultes qui ont entre 18 et 58 ans. Ce taux de signalement est encore bas et cela reflète le manque de sensibilisation de la population.

Culture ancrée. Nombreux sont les cas de violences sexuelles dans la société qui ne sont pas dénoncés ou qui sont réglés à l’amiable pour l’intérêt de certaines personnes, mais pas pour le bien de l’enfant victime. « La culture qui est devenue une pratique est un grand blocage pour l’accomplissement de notre mission. Les parents marient leurs enfants très tôt en échange d’un bien, comme un bœuf. On constate habituellement que ce mariage arrangé n’est que de courte durée. Cela aurait un impact direct sur la santé des fillettes, voire sur le développement d’une région », a enchaîné Prudence Rafaliarison, DRPPSPF Anosy, avant de conclure que « C’est de notre devoir de convaincre ces parents d’abandonner cette pratique. Cette lutte ensemble exige du courage de la part de tout un chacun. Pour le centre à Taolagnaro, avec nos partenaires, nous allons mettre en place des réseaux de protection dans les 69 communes afin de faciliter l’envoi des signalements. Si ces réseaux sont bien constitués, cela concordera à la lutte contre ce fléau ».

Grâce à ses partenaires techniques et financiers, entre autres l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) et l’Unicef, le Centre Vonjy a offert des services de prise en charge, notamment d’assistance médicale et psychosociale aux victimes et leur famille. Ainsi, trois officiers et agents de police nationale et un officier chargé de la protection des femmes et mineurs font partie de son équipe dans la poursuite des affaires. Malgré des condamnations prononcées, l’issue des poursuites judiciaires reste floue pour les auteurs des crimes.

Manjato Razafy

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