Boxe : « Il faut attendre un nouveau ministre pour espérer s’en sortir », confie Paul Rasamimanana



Jacaranda
Miodrag Marjanovic en pleine action avec les joueurs de l’ASCUT samedi au Gymnase de Soavita. (Photo Kelly)
Le boxeur Paul Rasaminanana reste pessimiste quant à l’évolution de la situation au sein de la FMBO. ( Photo d’Archives).

La boxe malgache est en train de mourir à petit feu. C’est le constat de Paul Rasamimanana. L’auteur du premier KO aux Jeux Olympiques de Moscou 1980 face à un hongrois également médaillé d‘or des JO de Montréal, s’insurge sur ce qu’il affirme être un assassinat en règle du noble art devenu aujourd’hui esclave d’une mauvaise gestion des responsables. Récit.

Midi Madagasikara : Cela fait deux ou trois ans qu’on n’entend plus parler de la boxe. Enfin en mieux car cette discipline figure plutôt ces derniers mois dans les rubriques faits divers.

Paul Rasamimanana : « C’est malheureusement la triste vérité. La boxe ne sait plus quoi faire. On est en train de mourir à cause des agissements irresponsables des gens qui nous gouvernent. Quand les boxeurs arrivent avec trois jours de retard aux Jeux Africains de Mozambique pour ce qui devait être une qualification pour les Jeux Olympiques de Londres, c’est tout simplement révoltant. »

Midi : Mais pourriez-vous dire exactement où est le fond du problème ?

P.R. : « Ce n’est pas du tout sorcier. Le ministère et le Comité Olympique ne veulent pas de Gégé Bosco comme président et proposent, contre vents et marées, de mettre en place une délégation spéciale. Une structure qui ne reçoit pas l’aval de la Fédération Internationale de la Boxe Amateur pour la simple et bonne raison que cela ne se fait pas dans ce milieu qui stipule qu’en cas de défaillance du président d’une fédération, c’est le vice-président qui prend le relais pour organiser d’autres élections. C’est simple mais allons le dire au ministre des Sports, ce dernier ironisait en retroussant ses manches pour dire qu’il a été lui aussi boxeur. Soit mais dans le cas présent il s’agit de mettre en place une structure fédérale reconnue par les instances internationales et dont le choix répond à leurs exigences. Pour la boxe et comme le vice-président réside à Morondava et qu’il ne peut pas, de ce fait, exercer ce rôle, il faut donner le pouvoir à l’autre vice-président. C’est aussi simple. »

Midi : Qu’avez-vous alors à proposer pour sortir de cette crise ?   

P.R. : « Il ne s’agit pas d’une simple crise car depuis deux ans, la boxe malgache vit sous perfusion à cause des agissements du ministère des Sports mais également du Comité Olympique Malgache. Ce dernier soutient évidemment son SG, Jonah Rabialahy, mais comme il n’est pas du milieu de la boxe, il aura du mal à se faire accepter. Mais que ce soit Jonah ou un autre, nous on veut tout juste avoir une fédération qui sera reconnue par la FIBA et la Confédération africaine. Mais visiblement, il faut attendre un nouveau gouvernement et donc un nouveau ministre pour espérer en finir avec cette crise. »

Propos recueillis par

Clément RABARY 

 

Share This Post