Football Elections FMF : Ahmad : « Ma candidature ne gêne qu’une aile du K2HB ! »



Jacaranda
Le Président Ahmad a tenu à s’expliquer sur tout. Une vérité sans fard…
Le Président Ahmad a tenu à s’expliquer sur tout. Une vérité sans fard…

Evitant de polémiquer, le président de la Fédération Malgache de Football, Ahmad qui est candidat à sa propre succession, s’explique sur tout. De ses motivations aux défaites des équipes malgaches, des réalisations mais aussi de ses satisfactions au cours d’une interview exclusive.

Midi : On parle beaucoup de votre candidature aux prochaines élections du comité exécutif. Et pas forcément en bien.

Ahmad : « C’est étrange qu’on agisse de la sorte car pour tout vous dire, il n’y a qu’une aile du K2HB qui est derrière toute cette campagne de dénigrement. Mais personnellement, j’estime avoir toujours agi dans la légalité. Si la candidature de Max Fabien Andrianirina n’est pas retenue, ce n’est pas par moi mais par une commission indépendante à cause des anomalies dans son dossier dont des falsifications pénalement condamnables. »

Midi : Peut-on savoir ce qui vous a motivé à briguer un troisième mandat ?

Ahmad : « C’est tout aussi simple. J’ai dû batailler ferme pour avoir l’organisation de la CAN des moins de 17 ans en 2017 et c’est logique que je tienne à être de la partie. Une satisfaction personnelle car en 54 ans d’existence, le football malgache n’a jamais hébergé une compétition continentale. Durant ce laps de temps très long, je suis d’ailleurs le seul Malgache à faire partie du comité exécutif de la CAF mais également membre de la commission de recours de la FIFA. Ne parlons pas de mes bonnes relations avec l’UEFA qui ne cesse de nous apporter son soutien tant matériel qu’humain.  C’est autant d’atouts qui font que ma place à la Présidence peut encore servir les intérêts du football à Madagascar. »

Midi : Mais certains vous en veulent parce qu’il manque les résultats ?

Ahmad : « Est-ce la faute d’Ahmad si les infrastructures ne suivent plus la demande. Avant, il y avait les quatre terrains de Mahamasina, celui d’Alarobia, du COUM, les 2 terrains d’Ankatso, celui de Betongolo ou encore le terrain d’Ampefiloha mais aujourd’hui, il n’y a pratiquement que les terrains de Mahamasina et d’Alarobia dont l’état laisse à désirer. La FMF a fait la demande pour transformer la pelouse de Mahamasina en synthétique mais jusqu’ici nous n’avons pas été entendus. Et c’est encore la faute d’Ahmad. Un président doit être jugé sur son plan de développement et sur ce chapitre, nous avons des arguments à revendre avec le Stade Rabemananjara, le centre de Carion et même si cela met du temps à marcher une Académie de football servant de centre aux jeunes Barea dont cette Génération 2000 qui va faire partie de l’équipe nationale des moins de 17 ans en 2017.

Midi : Mais la question n’est pas là, car certains vous en veulent parce que il n’y a pas de résultats tant en équipe nationale que chez nos clubs ?

Ahmad : « Tout n’a pas été foncièrement mauvais car les résultats étaient venus bien après et plus particulièrement quand nous avons gagné le COSAFA Cup U20. D’ailleurs les joueurs qui ont formé les Barea de l’époque ont pour la plupart réussi à l’instar de Bolida, de Voavy Paulin qui évolue en Suisse mais qui est aujourd’hui courtisé par un club portugais de la 1ère division. Je citerais aussi Carolus, Claudio mais pas ceux qui évoluent dans les îles voisines car ces derniers ne répondent pas aux exigences du football de haut niveau.  Je citerais en anecdote un joueur qu’on a fait venir de la Réunion, mais qui a d’abord terminé aux 67ha sa bouteille de whisky avant de rejoindre le groupe. Cela n’a pas de sens et on va encore dire que c’est la faute à Ahmad.

Pour rester dans ces exemples, je citerais aussi le cas de Bolida venu pour seulement quatre jours à Tana, mais qui a passé la moitié de son séjour à Alarobia pour s’entraîner car il savait que l’entraîneur de Lens ne lui pardonnerait pas une baisse de forme. C’est cette volonté de se surpasser qui manque à nos joueurs mais il y a aussi et surtout les moyens.

Midi : Des moyens financiers ?

Entre autres oui avec l’implication de l’Etat non seulement dans les déplacements mais dans les regroupements des équipes nationales et même bien plus car pour prendre en exemple le Cameroun, c’est la Fédération et le ministère des Sports qui vont faire les tractations ensemble pour avoir les joueurs nés en France. On aurait pu faire pareil pour avoir le Lillois Franck Beria mais on ne l’a pas fait. Par contre, nous avons approché les deux Malgaches de l’OGC Nice, mais ils ont demandé à réfléchir car l’un d’eux fait déjà partie de l’équipe de France U20. Un geste que je comprends car à Madagascar, il n’y a rien de concret pour les joueurs de haut niveau. Et c’est bien dommage.

Tout aussi dommage qu’on me rende responsable de toutes nos défaites. A Madagascar, un mauvais résultat n’est jamais la faute de l’entraîneur mais d’Ahmad. Même les joueurs fautifs sont épargnés alors qu’en Amérique latine comme l’Argentine, le public s’en prend ouvertement au joueur fautif qui risque tout bonnement le lynchage. »

Midi : Mais on vous en veut également parce que le football n’a pas un titre africain.

Ahmad : « Si on raisonne de cette manière, on devait dire non à tous les présidents de Fédération, du moins en sport collectif. Et même le rugby car le titre qu’on a trop pompeusement fêté n’a été que le titre de champion d’Afrique de la 3e division car il y avait au-dessus de ce lot les nations de l’élite A mais surtout l’Afrique du Sud qui évolue sur un autre planète à cause justement des efforts fournis par le gouvernement sud-africain. Au risque de me répéter, cela signifie qu’en sport, on ne récolte que ce que l’on sème. »

Propos recueillis par

Clément RABARY

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