Stade Alarobia : Vers une mort lente de l’athlétisme !

Une des dernières images d’Alarobia avant l’éviction des athlètes par le ministre des Sports.
Une des dernières images d’Alarobia avant l’éviction des athlètes par le ministre des Sports.

Incroyable mais hélas vrai, le nouveau ministre des Sports, Jean Anicet Andriamosarisoa, vient d’annoncer qu’il va choisir le stade d’Alarobia pour y mettre la pelouse synthétique offerte par le projet FIFA Goal.

S’il s’agissait d’une blague, alors elle est de très mauvais goût pour l’athlétisme qui va devoir trouver un autre stade car à partir du moment où le ministre des Sports ordonne l’exécution d’une pelouse synthétique, celui d’Alarobia lui sera désormais interdit. Tout bonnement parce qu’un stade d’athlétisme, où qu’il soit dans le monde entier, comporte toujours un terrain gazonné pour servir les concours de lancer dont le marteau et le javelot.

Irréversible. Dans l’immédiat et si la décision est conforme aux habitudes de ce ministre auteur compositeur de la chanson de Tsivahiny « Ze tiako », il s’agit probablement d’un choix irréversible.

Autrement dit, Madagascar va être privé de son seul stade d’athlétisme aux normes internationales. Et ce n’est pas la seule bourde en la matière car des actions de ce genre ont également conduit les responsables de l’époque à opter pour une piste à six couloirs au lieu des huit comme on en fait dans les grands stades européens.

Dans la foulée puisque l’athlétisme est incontournable pour les jeux régionaux, on ne pourra plus organiser chez nous les Jeux des Iles de l’Océan Indien ou pire encore les championnats d’Afrique.

D’où l’amertume perçu dans le petit monde de l’athlétisme car cette manière de déshabiller Paul pour habiller Pierre est loin de faire l’unanimité.

La faute revient, on le sait, au rugby qui revendiquait aussi Mahamasina et ce par micro interposé lors de la finale de la Coupe du Président et devant Hery Rajaonarimampianina en personne.

Comme on ne peut pas faire du rugby sur une pelouse synthétique, les dirigeants de la FMR ont choisi la présence du Chef de l’Etat pour faire campagne et contrer le projet de la Fédération Malgache de Football et la Commune urbaine d’Antananarivo d’y mettre une couverture en synthétique.

Un bon conseiller. Et manifestement, cela a marché car en l’espace de deux jours, le ministère des Sports a attribué la pose d’une pelouse synthétique à…Alarobia. Une aberration qui montre à quel point le nouveau ministre des Sports est très mal entouré.

Car un bon conseiller lui aurait certainement fait savoir qu’Alarobia est le seul stade d’athlétisme homologable par la fédération internationale et que le rugby a déjà son stade qui porte son nom.

Et si l’argument des rugbymen repose sur la capacité d’accueil du Stade Makis , il n’a qu’à demander au même Chef d’Etat à agir dans ce sens car ce n’est pas l’espace qui manque à Andranomena.

Mais il peut également plaider pour trouver au football un terrain d’au moins 15 000 places, une des conditions de FIFA Goal, pour y implanter une pelouse synthétique car à l’allure où vont les tractations, on a bien peur de perdre ce projet qui sert pourtant les intérêts du football malgache en général et tananarivien en particulier.

D’ailleurs et en faisant parler les chiffres, rien qu’à Tana, il y a plus de footballeurs que de rugbymen. Un argument en tout cas suffisant pour choisir dans le bon sens. Et cela, le nouveau ministère n’a pas compris.

Clément RABARY

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