28e Jeux Olympiques : La longue marche Olympique des femmes

Jacaranda

MARIE-JOSE-PERCPierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques, comme ses prédécesseurs de l’Antiquité ne souhaitait pas que les compétitions soient ouvertes aux femmes. Bien sûr, comme il l’avait pensé, la gente féminine était absente dès la première édition à Athènes et rien n’était prévu pour nos compagnes. En 1900, elles n’étaient que 19 sur 1 225 participants. La première championne olympique était une  Britannique, Charlotte Copeck en tennis. Les joueuses évoluaient en manches et robes longues, ce qui était difficile à supporter en cas de forte chaleur. Après le tennis, l’escrime et la gymnastique, la natation féminine apparaît au programme des Jeux de Stockholm en 1912. La première femme à devenir célèbre est la joueuse de tennis Suzanne Lenglen qui fit forte impression sur les courts d’Anvers en 1920. Par la suite une américaine Gertrude Eder a été la première femme à traverser la Manche à la nage (28km). La Norvégienne Sonja Henie débute à 11 ans une carrière exceptionnelle qui en fera une diva du patinage artistique avec dix titres mondiaux et trois Olympiques. En 1928 des épreuves d’athlétisme sont proposées aux femmes mais après l’évanouissement d’épuisement de plusieurs d’entre elles suite à la course de 800m une polémique s’installe et le CIO interdit la participation des femmes à des courses supérieures à… 200m.

Ces championnes qui servent d’exemple. Berlin en 1936 est le théâtre de l’avènement des bébés-championnes telle l’américaine Marjorie Kerstring médaillée d’Or à moins de quatorze ans. La Néerlandaise Fanny Blankees Koen devient à Londres en 1948, la première « star mondiale » du sport féminin en gagnant quatre médailles d’Or au 100, 200, 80m haies et 4x100m. La Française Micheline Ostermeyer remporte le disque et le poids et termine troisième à la hauteur. Par la suite Micheline entama une carrière mondiale en tant que virtuose de piano. Pour les « grands anciens » les jeux d’Helsinki furent les plus fraternels et les plus chaleureux. Si Emile Zatopek le fabuleux coureur tchécoslovaque remporte le 5 000, le 10 000 mètres et le marathon, son épouse s’adjuge l’or au javelot. C’est d’ailleurs la première fois qu’un couple monte sur la plus haute marche du podium. Il faut également souligner le triplé unique de la Soviétique Alexandra Chaoudina en prenant les médailles d’argent en longueur et au javelot et le bronze en hauteur. A Melbourne en 1956 le village olympique est séparé par un grillage épais afin que les athlètes du bloc soviétique et des pays de l’Est ne puissent pas entretenir des relations. C’est raté ! Le lanceur de marteau américain Harold Connolly et la discobole tchécoslovaque Olga Fikotova tous deux champions olympiques nouent une idylle qui les conduira, malgré toutes les difficultés provoquées par la guerre froide, au mariage trois mois après. A Rome en 1960 le sport féminin est devenu planétaire. Il ne lui reste plus qu’à conquérir les derniers bastions masculins. Il est vrai que la belle Wilma Rudolph, la gazelle américaine a séduit même les plus farouches opposants au sport féminin.

Les femmes au même niveau que les hommes. A Mexico en 1968, la République Démocratique Allemande participe à ses premiers Jeux. C’est le début d’une domination qui jette un doute sur les performances réalisées par les femmes de ce pays. Les révélations survenues après la chute du mur de Berlin laissent penser que les records établis à cette époque et qui tiennent toujours sont entachés de suspicions de dopage. En 1972 à Munich le nombre des participantes aux Jeux dépasse la barrière des mille (1 058 femmes). En 1976 la grande vedette des Jeux de Montréal est une petite gymnaste de 14 ans. Nadia Comaneci, la jeune roumaine qui a obtenu le premier 10 de l’histoire olympique. En raison du boycott des Jeux de Moscou en 1980 le hockey sur gazon féminin qui faisait son entrée aux Jeux verra cinq des six pays qualifiés se désister et c’est le Zimbabwe qui n’a constitué son équipe que le week-end précédent l’ouverture des Jeux qui remportera la compétition à la surprise générale.

A partir de Los Angeles en 1984 le sport féminin va combler son retard et calquer son programme sur celui des hommes. Les femmes peuvent participer au marathon, à la gymnastique rythmique ou la course cycliste. C’est ainsi que Nawal El Moutawakel devient la première femme de confession musulmane à gagner l’Or Olympique (400m haies). Hassiba Boulmerka sera la première femme à gagner une médaille d’or pour l’Algérie. La Française Marie José Perec, qui depuis sa retraite athlétique est venue plusieurs fois aux Seychelles remportent le 400m en 1992 et 1996 ainsi que le 200m en1996 ce qui est un exploit exceptionnel.

Aujourd’hui les femmes ont rattrapé les hommes et peuvent concourir dans les mêmes disciplines. En vingt ans les femmes sont devenues des spécialistes de Boxe, de lutte, de cyclisme, d’haltérophilie, de handball, de football et de rugby et peuvent concourir dans presque toutes les disciplines de l’athlétisme en attendant de s’adonner aux 50km marche, au 110m haies et au décathlon. Dans cette présentation nous avons omis volontairement de présenter des athlètes, fussent-elles championnes olympiques qui ne correspondent pas à l’idée que nous avons sur la pratique de manière propre et honnête.

Francis HERBET

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